Face à la gangrène de l’extrême droite – Article 3
Après avoir dressé un tableau général des courants d’extrême droite dans le monde, puis fait ressortir des nuances et divergences entre eux, et avant de proposer des pistes pour tenter de les faire reculer, ce troisième article vise à faire apparaitre le « socle commun » de ces partis et gouvernements.
Climato-négationnisme et/ou maltraitance climatique
Toute l’extrême droite est néfaste pour le climat. Certains partis claironnent des boniments démentis par la science ; d’autres méprisent et maltraitent le climat, sans tentative de « justification théorique ».
Le palmarès de Trump est grandiose ! Champion du monde du dérèglement climatique, à la tête du pays qui est le premier pollueur climatique par habitant et le second émetteur de gaz à effet de serre (GES), il procède à une démolition globale et multiforme : licenciements, subventions supprimées, censure, menaces… Ses agissements incitent son fan-club à casser davantage le climat, tandis que des pays jugés plus « vertueux » – pourtant loin de mener les actions nécessaires – baissent la garde.
Trump s’attaque à l’environnement en général. Ses grands méfaits pour le climat sont orchestrés alors que la situation est gravissime : l’année 2024, la plus chaude jamais enregistrée, a vu la moyenne mondiale des températures dépasser de 1,55°C le niveau préindustriel. Mais qu’importe ! Ignare autant qu’hargneux, l’hôte de la Maison-Blanche voit le changement climatique comme un « canular » et sur ce terrain, il a décidé à détruire les sciences, les universités et la recherche. Le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, le boycott de la COP30 ne lui suffisent pas. Il s’en prend au savoir, démolissant les disciplines qui contredisent ses vues, notamment les sciences de la nature (climat, lutte contre les changements climatiques, protection environnementale…). Pourtant, depuis 2020, 23% des études sur le changement climatique ont impliqué au moins un.e chercheur/se des États-Unis[1], et du matériel étatsunien est utilisé pour la moitié du réseau mondial d’observations océaniques. Le ridicule va jusqu’à se nicher dans la mesquinerie langagière : certains mots liés à l’environnement, au climat, aux diverses sources d’énergie, sont prohibés, ce qui pénalise la recherche et la diffusion des connaissances.
Trump a attaqué la NOAA (Agence nationale pour l’océan et l’atmosphère), cruciale dans recherche, notamment sur le climat. En mars 2025, 1 300 employé.es l’avaient déjà quittée[2], réduisant la capacité de prévision des catastrophes, le suivi des ouragans, l’élaboration de modèles de climat… La FEMA (Agence fédérale de gestion des situations d’urgence) a licencié 1 000 employé.es, mettant en péril les populations en cas de catastrophes. Avec un budget en baisse de 65%, L’EPA (Agence de protection de l’environnement) devra licencier. L’agité du Bureau ovale casse des législations environnementales visant à limiter les pollutions dont les GES, des gaz dont Trump semble adorer les émissions ! Il incite au forage gazier et pétrolier, délivrant des permis à tour de bras ; il lance le pays dans un mégaprojet fossile avec gazoduc en Alaska[3] ; il dévoile un projet d’autorisation de forage sur des millions de kilomètres carrés dans les eaux territoriales, pour produire en masse des énergies fossiles[4], alors que son administration refuse les projets d’énergie renouvelable sur terrains publics ; n’approuve plus de projets éoliens ; et ne finance plus ceux-ci à l’étranger. Dans le monde de Trump, béni soit tout ce qui contribue à aggraver le cataclysme climatique ; banni soit tout ce qui pourrait le ralentir ou à l’atténuer !
Javier Milei, membre du fan-club de Trump et spécialiste du climat aussi éminent qu’autoproclamé, admet le changement climatique mais n’y voit pas d’origine humaine. C’est un « cycle » : « je ne nie pas le changement climatique… ce que je dis, c’est qu’il existe dans l’histoire de la Terre un cycle de températures… Donc toutes les politiques qui rendent l’humain coupable du changement climatique sont fausses » ; et c’est un « mensonge des socialistes »[5]. Contrairement à Trump, il n’avait pas annoncé sa sortie de l’Accord de Paris avant son élection. Début 2025, rien n’était décidé, mais après sa récente victoire électorale, on peut craindre que Milei suive son mentor yankee et s’en retire lui aussi.
Sans être aussi grossier et systématique que celui de Trump, le climato-négationnisme de Poutine est manifeste, mais d’expression fluctuante. A Paris, en novembre 2015, il assurait : « La qualité de la vie de tous les habitants de la planète dépend du règlement du problème climatique », vantant les efforts de la Russie pour réduire ses émissions. Mais en mars 2017, il niait les GES et l’origine humaine du réchauffement climatique : « Le réchauffement, il a commencé dans les années 1930 (…) À l’époque, il n’y avait pas encore de tels facteurs anthropologiques comme les émissions (de gaz à effet de serre) mais le réchauffement avait déjà commencé »[6]. Fin 2019, il affirmait, en contradiction grossière avec la science : « personne ne connaît les causes du changement du climat mondial »[7]. Le despote de Moscou s’imagine que le réchauffement sera bénéfique à la Russie, avec le dégel des mers arctiques, autorisant le grand nord russe à ouvrir ses portes à la navigation ; et la fonte du permafrost donnerait accès à de nombreuses mines (diamants, or, nickel, uranium, fer, tungstène…). La Russie, 4e pollueur climatique mondial (11,2 tonnes de CO2 par habitant – 7,4 pour la Chine), n’a signé l’Accord de Paris qu’en 2019.
En 2021, la Russie a subi de sérieux dégâts liés au chaos climatique (immenses incendies de forêts, vastes et fréquentes inondations…) : nouveau revirement. Curieusement, ce dénégateur de l’origine humaine de la crise climatique avait déjà fixé à la Russie l’objectif de produire des émissions nettes inférieures à celles de l’UE à l’horizon 2050. A l’instar du CO2, ce plan s’est envolé dans l’atmosphère ! 6 août 2025, nouveau virage : de sa vaste propriété de Novo-Ogariovo, il émet un décret visant, d’ici 2035, à « une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 65 à 67 % par rapport au niveau de 1990 »[8], pour « mettre en œuvre l’Accord de Paris ». Cela peut paraître ambitieux, mais 2 milliards de tonnes de CO2 pourront ainsi être rejetées dans l’atmosphère, 22% de plus qu’en 2021, Par ce texte et ce tour de passe-passe, Poutine s’offre ainsi le droit de plus polluer le climat qu’auparavant. Enfin, à la COP30, la Russie a fait partie du groupe qui refusait avec véhémence la sortie des énergies fossiles.
Orbán a placé la Hongrie dans l’orbite poutino-trumpiste. Il a dissous le ministère de la protection de l’environnement dès 2010[9], et transféré ses dossiers à celui de l’agriculture. Il a sévi de la même façon pour le climat et les déchets. En matière d’énergie, le gouvernement hongrois combine nucléaire (pour 40%) et combustibles fossiles ; il rejette l’éolien, refuse les objectifs de l’UE pour le climat, notamment la neutralité climatique en 2050. Le revers électoral en 2019 a poussé Orbán à feindre de changer, pour embobiner la jeunesse, sensible à ces questions, dès 2020. Mais sa « stratégie pour le climat », fixant à 90% la part de la production d’énergie neutre en carbone d’ici 2030[10], impliquerait un changement considérable. Or, Orbán a déclaré à la COP29 : « Nous devons poursuivre la transition verte tout en maintenant notre usage du gaz, du pétrole et du nucléaire »[11]… Si la part du solaire a récemment augmenté – avec des projets qui semblent surtout bénéficier à des proches du régime – le personnage à la tête de la Hongrie actuelle cache mal son climato-négationnisme, et maltraite de fait le climat.
La situation de l’Inde pour le climat s’aggrave, avec 4,4 Gt et 8% du total des émissions de CO2 en 2024. Modi ambitionne d’en faire la 3e puissance économique mondiale. L’Inde, 3e émetteur mondial de GES, est monté récemment en haut du tableau. Modi ment en prétendant que l’objectif de 50% de la capacité électrique en énergies non fossiles est atteint. Les renouvelables ne comptent que pour 28%. L’empreinte carbone s’élève avec la hausse de l’activité industrielle et de la demande énergétique. La production électrique dépend du charbon à 70%. L’urbanisation accentuée accroit les besoins en transports et en bâtiments, ce qui induit plus de ciment, ultrapolluant en CO2.
Modi n’est pas climato-négationniste façon Trump ou Poutine. C’est un maltraitant du climat. Il fait de l’esbrouffe, et instrumentalise ce combat pour étayer le soft power de l’Inde en d’autres domaines. A la COP21, il a placé son pays en pointe dans l’Alliance solaire internationale, voulant offrir à son régime le leadership du « Sud global » pour sauver le climat. A la COP26, Modi s’engageait pour la neutralité carbone de l’Inde en 2070. En 2023, président le G20, il demandait le triplement mondial des énergies renouvelables. Le parc de panneaux solaires en Inde s’est accru. Reste un énorme hic : le charbon ! En 2022, 68,8% des émissions de GES du pays en provenaient (7,2% des émissions mondiales en 2023, 8,3% estimées en 2024). A la COP28, Modi déclarait que l’Inde ne pouvait pas sortir du charbon, et qu’il n’existe aucun moyen de décarboner l’industrie, notamment les aciéries. Le combat de Modi est surtout une poudre aux yeux diplomatique. En 2024, la campagne électorale menant à la réélection de Modi n’a pipé mot du climat. Pourtant, vu l’abominable canicule qui frappait alors l’Inde, causant des morts et forçant l’électorat à voter sous un soleil de plomb[12], ce sujet aurait dû s’inviter dans le débat. Ces drames vont s’aggraver car l’Inde fait partie des nations les plus vulnérables au chaos climatique. Mais, ce pays s’est félicité du texte final de la COP30 qui n’évoque pas la sortie des énergies fossiles.
Venons-en à l’extrême droite d’opposition, d’abord avec Geert Wilders et son mal-nommé Parti de la liberté. Il vient de perdre les élections après avoir participé à une coalition de gouvernement très, très à droite. Wilders exalte le climato-négationnisme. Son manifeste déclare notamment : « Cela fait des décennies qu’on nous fait craindre le changement climatique (…) Nous devons arrêter d’avoir peur ». Il exige plus d’extraction pétrolière et gazière en mer du Nord et propose plus de centrales nucléaires[13].
En Allemagne, l’AfD (Alternative pour l’Allemagne) a pris du poids dans le débat public. La contestation de la crise climatique et de son origine humaine, peu médiatisée, a peu d’écho outre-Rhin… Mais une grande partie de l’engeance climato-toxique, regroupée dans l’AfD, nie allègrement les faits établis. Dans sa plateforme pour les élections européennes de 2024, l’AfD ose prétendre qu’aucune preuve scientifique n’atteste l’existence d’un risque de changement climatique. En 2020 déjà, on lisait, sur « Klimafragen.org », un site lié à l’AfD, ce passage : « En vertu d’une prétendue crise climatique, on voudrait faire passer de nouvelles lois qui nous dictent comment nous devons vivre, auront des conséquences négatives sur l’environnement et pourraient mener à la désindustrialisation de l’Allemagne »[14]. L’institut Eike, soutenu outre-Atlantique par le puissant Heartland Institute, a pour vice-président un membre de l’AfD qui demande la sortie de l’Allemagne de l’Accord de Paris. L’AfD prétend défendre l’industrie allemande, s’opposant à la sobriété énergétique de l’industrie, et alléguant que les préoccupations écolo-climatiques l’affaiblissent. Les brutes du parti insultent les écologistes, et Greta Thunberg a beaucoup canalisé leur haine. L’AfD prône l’usage du diesel et accuse de « délire écolo » les opposant.es à cette idée. La politique climatique est vue comme de l’« hystérie »[15]. Hélas, ces néfastes balivernes ont créé des vocations anti-climat, bien au-delà de l’AfD.
En Espagne, Vox joue une autre partition. Ayant souvent nié ou minimisé la crise climatique, présentée, façon Trump, comme un canular, Vox a récemment modifié son discours, dénonçant la politique climatique comme destructrice d’emplois, et se targuant d’incarner une « écologie véritable », incluant l’« autarcie énergétique »[16] du pays et sa réindustrialisation vers une économie verte. Ce populisme environnemental veut détricoter les politiques de l’environnement, ce qui semble lui réussir : après les inondations de la région de Valence (235 morts), Vox grimpe à 14% d’intentions de vote dans le pays, et passe de 9,7% à 17%[17] dans la région. La catastrophe aurait pu discréditer ce parti. Bien au contraire !
Le RN ne nie pas officiellement le réchauffement climatique[18]. Mais pour trois types de raisons, il est dangereux pour le climat. Primo, son attitude vis-à-vis de l’écologie et des écologistes est ignoble, avec des parlementaires RN qualifiant les écologistes d’« ayatollahs verts »[19] (J. Odoul, député de l’Yonne), de « fanatiques islamogauchistes » (le même), de « dictateurs verts » aux « mesures totalitaires » (A. Villedieu, député de Haute-Saône). Le refus de la soi-disant « écologie punitive » fait florès au RN, opposé au « totalitarisme vert » (H. Laporte, députée du Lot-et-Garonne). Greta Thunberg a subi d’infects quolibets : à sa venue en 2019, Laurent Jacobelli (porte-parole du RN, député de Moselle), l’a traitée d’« enfant du déluge qui nous prévoit la fin du monde du haut de ses 16 ans ». Deuxio, ses élu.es rejettent les mesures pro-climat, votant contre les ZFE (zones à faibles émissions) ; contre l’objectif de zéro artificialisation nette ; contre l’arrêt de la location des passoires thermiques ; contre la fin de la vente des voitures thermiques d’ici 2035… Et le RN compte aussi d’ardents défenseurs des jets privés…
Tertio, sa malfaisance climatique va au-delà. Il met souvent en doute la science, même s’il prétend le contraire, soucieux qu’il est de présenter une façade respectable, aussi sur ce dossier. Mais les cas de flatulence climatonégationniste empuantissent la maison Le Pen, moins au sommet du parti que de la part de député.es ou de chefs intermédiaires. Citons quelques calembredaines : « le réchauffement est objet de débats scientifiques. Rien ne prouve l’effet de serre du CO2 » (G. Bigot, député du Territoire de Belfort).« Les changements climatiques sont-ils anthropiques et dus aux actions humaines ? La réponse est NON » (F. Joubert, députée de Dordogne). Ou cette ânerie qui confond climat et météo : « La Suède a enregistré les températures les plus basses depuis 25 ans, avec – 43 °C. À cette heure, nous n’avons pas encore de commentaires du Giec. » (C. Barthès, député de l’Aude). Le GIEC : une des cibles du RN !
Poussées autoritaristes
Trump impose une dérive autoritariste protéiforme et sans précédent. Petit florilège, loin de prétendre à l’exhaustivité ! Sur le judiciaire, d’abord : la Cour suprême, inféodée au président, jette aux orties la séparation des pouvoirs : les juges fédéraux ne peuvent plus bloquer les décrets de la Maison-Blanche au plan national, mais juste localement, pour les parties directement concernées[20].
Les universités présumées wokistes et/ou antisémites par la furie trumpiste subissent les injonctions et le chantage financier du despote. La plupart ont capitulé, même si Harvard tient tête et vient de gagner en justice contre Trump, qui voulait priver l’université de 2,6 milliards de dollars de subvention pour « antisémitisme ». Les programmes de diversité, d’équité et d’inclusion sont prohibés ; des formations révisées ; des mots, devenus tabous, censurés ; les visas d’étudiant.es et chercheurs/ses étranger.es supprimés ; des subventions gelées ou menacées de suppression … Trump attaque le National Museum of American History, dont les expositions feraient croire que « tout était horrible dans l’esclavage »[21]. L’hyper-président révise la science climatique, mais il réécrit aussi l’histoire !
L’autoritarisme trumpiste transparait à propos des médias. Dès qu’ils expriment des avis « fâcheux », ils sont taxés de « fake news media », et déclenchent les foudres du Bureau ovale. Les crédits à l’audiovisuel public ont été coupés. Alors que la plupart des médias sont comme aimantés par le trumpisme, de nombreuses stations locales de télé et de radio sont mises en danger. Les médias pro-Trump, comme Fox ou Newsmax, sont en tous points favorisés : en conférence de presse, par exemple, ces laquais ont le droit de poser les premières questions au monarque. Face à cela, le New York Times tient bon, faisant l’objet d’une détestation toujours renouvelée[22]. Par contre, de par la volonté de son propriétaire trumpisé, Jeff Bezos, le Washington Post n’a plus rien de commun avec ce qu’il était : asservissement des journalistes et dessinateurs/rices, purge des voix noires indépendantes… le fondateur d’Amazon a transformé en cadavre ce qui a été le symbole d’une presse indépendante de qualité[23]. La volonté – largement comblée – de mainmise de l’autocrate de Washington sur les médias va au-delà des États-Unis. Il s’en prend à la BBC, suite à un montage gênant d’un de ses discours avant l’assaut du Capitole. Malgré les excuses de la BBC, Trump veut lui arracher 5 milliards de dollars[24].
L’arbitraire transparait autrement. Via des attaques en justice : il avait dégoupillé contre l’ex-directeur du FBI, James Comey, et la procureure générale de New York, Letitia James, mais ici, les inculpations ont été invalidées, considérées comme « des abus de pouvoir exécutif »[25]. La disgrâce frappe aussi des proches de Trump n’ayant plus l’heur de lui plaire. Il a évincé.es sans ménagement Marjorie Taylor Greene, élue clé MAGA en Géorgie, ex-groupie trumpiste, qui avait commis le crime d’exprimer son inquiétude sur la gestion du dossier Epstein. La voilà répudiée, traitée de « folle furieuse » par la vindicte présidentielle[26]. Une affaire qui divise le camp trumpiste qui a subi un revers au Congrès[27].
Last but not least pour ce qui concerne l’autoritarisme de Trump. Rappelons-nous le scrutin présidentiel de novembre 2020 : il a tenté de frauder, refusé de reconnaitre sa défaite face à Biden, avant que le 6 janvier 2021, ses hordes fanatisées ne déferlent sur le Capitole, causant cinq morts.
L’autoritarisme de la Russie poutinienne s’est aggravé progressivement, surtout ces dernières années, mettant le cœur du pouvoir aux mains de l’exécutif, avant tout du président. Le régime affiche un des traits caractéristiques du bonapartisme : le chef assure l’équilibre entre grands intérêts du pays (oligarques, forces répressives, bureaucratie…)[28]. Aux élections, les ressources mises à disposition sont totalement inéquitables entre candidat.es, et s’il le juge nécessaire, le despote n’hésite pas à truquer le scrutin. Les 87% en faveur de Poutine en mars 2024 relèvent d’une falsification massive, selon les médias russes indépendants[29]. Le tyran fait taire ses opposant.es politiques, qu’il emprisonne voire assassine. Deux cas très connus : celui du crash aérien causant le décès d’Evgueni Prigojine en août 2023 ; celui d’Alexeï Navalny, militant anticorruption, principal opposant à Poutine, décédé en prison en février 2024. La presse est muselée, et la censure, qui s’est durcie, s’emploie intensément à faire taire les « mauvais esprit » à propos de la guerre. Mais les traits odieux et criminels du régime ne datent pas d’hier. Rappelons-nous la journaliste Olga Politkovskaïa, dont l’assassinat politique en 2006 ne fait guère de doute : vu ses recherches intransigeantes sur la Tchétchénie et le Caucase Nord, sur la dérive autoritaire et sur la corruption du régime, elle se savait menacée car elle gênait au sommet de l’État[30].
Depuis 2014, Narendra Modi a imprimé une tournure autoritaire au régime indien qui, en premier lieu, connait une personnalisation patente, Modi ayant su s’entourer d’idiots utiles ! Dès 2014, sa figure s’est superposée à celle de son parti, le BJP (Parti du peuple indien). Les député.es, redevables pour leur élection, font de la Chambre basse une chambre d’enregistrement. Le gouvernement est un cercle de béni-oui-oui, dociles et généralement peu compétent.es. En second lieu, la justice a été remodelée, à commencer par la Cour suprême[31], traditionnellement indépendante. Constitutionnellement, elle était formée de juges élu.es par d’autres juges, ce que Modi a voulu revoir, sans y arriver. Pourtant, il est parvenu à asservir l’appareil judiciaire. Primo, il a refusé la nomination des juges coopté.es dont il ne voulait pas ; puis, dès 2017, l’encombrement judiciaire a poussé les magistrat.es à ne plus nommer que des juges susceptibles de plaire à Modi. Deuxio, les nationalistes hindous ont infiltré la profession, du bas vers le haut. Tertio, Modi a gagné la docilité de juges qui étaient dans le collimateur de la police (pour corruption ou autre). Quarto, en proposant, pour l’après-retraite, des emplois prestigieux et/ou très rémunérateurs, il a acheté la complaisance de juges en fin de carrière. Ainsi, en trois ans, la Cour suprême, hautement considérée internationalement, a cessé d’être un contre-pouvoir. Elle valide des décisions gouvernementales même illégales, ou s’abstient courageusement de se prononcer. Mais les instrumentalisations ci-dessus ne sont pas les seules. L’équivalent du FBI, le CBI, a vu Modi nommer, à sa tête, un de ses anciens collaborateurs issu du Gujarat (son État natal). Le fédéralisme reste la seule institution indienne à résister encore, fournissant des contre-pouvoirs régionalement et localement.
La Hongrie d’Orbán évolue vers une dictature, et le parlement de l’UE ne la considère plus comme une démocratie, mais un régime hybride entre les deux[32]. Cet avatar a trois axes : son parti, le Fidesz, met les institutions sous sa coupe ; les oppositions sont bâillonnées ; la liberté de la presse subit une offensive puissante. Des élections ont toujours lieu, mais l’influence idéologique et la mainmise du Fidesz sur les institutions – refaçonnées de façon à lui offrir un pouvoir immense – font que les opposant.es ont peu de chances de l’emporter. La domination médiatique qu’exerce l’autocrate est une clé de son pouvoir. Depuis 2012, il existe un organe de contrôle des médias, ce qui a beaucoup réduit leur pluralisme. Les médias indépendants redoutent une nouvelle offensive contre eux avec la possible adoption d’une « loi sur la transparence ». Encore une terminologie orwellienne, à n’en pas douter !
En Italie, l’équipe Meloni connait une dérive autoritaire, peu étonnante pour un parti issu de Mussolini. Le 5 juin, un décret-loi scélérat sur la sécurité a été adopté, durcissant les peines en cas de révolte dans les prisons ou les centres de migrant.es, et offrant une aide et une protection renforcée aux policiers mis en cause pour violence. Face à ce décret, qu’ils jugent « alarmant » et « incohérent » avec les « obligations internationales en matière de droits humains, y compris la protection du droit à la liberté de circulation, à la vie privée, à une procédure régulière et à la liberté, ainsi que la protection contre la détention arbitraire », cinq rapporteurs de l’ONU ont exprimé leur « profonde inquiétude »[33]. Mais les attaques du pouvoir, opiniâtres et multiformes, sapent l’État de droit en général, via la criminalisation des minorités et des activistes, et par des violations substantielles de la liberté de la presse. L’UE juge Meloni euro-compatible car sa politique d’austérité convient à sa nature néolibérale ; mais les coups portés en Italie contre l’État de droit et contre les militant.es ne dérangent guère Bruxelles.
Ces cinq exemples montrent qu’à des degrés divers et à des rythmes variables (dépendant notamment de la lutte des classes), l’extrême droite attaque les libertés et cherche à verrouiller les régimes antérieurs, s’en prenant à la justice, aux médias, à l’opposition, aux institutions politiques, à des lois clés, etc. C’est une constante. Dans d’autres pays, un bref tour d’horizon confirme ce diagnostic. Le PiS polonais, battu en 2023, s’en est pris dès 2015 à la Cour suprême et à l’indépendance de la justice, a transformé les médias publics en outils de propagande et exercé des pressions sur les médias privés. Lors de son mandat, Bolsonaro a couvert systématiquement les exactions d’un appareil policier ultra-violent, et a fomenté une tentative de coup d’État, pour laquelle il vient d’écoper de 27 ans de prison ferme. Chez Milei, c’est surtout – pour l’instant – la méthode qui est autoritaire : ses opposant.es sont qualifié.es sans nuances de partisan.es d’un « socialisme », « satanique » et « carcinogène »[34]. Ces insultes, ajoutées à sa proximité avec Trump et à sa vision négationniste et complaisante des crimes de la dictature militaire[35], ont de quoi inquiéter. Laissons de côté la République tchèque et le Japon, où il est trop tôt pour tirer des leçons. Là où l’extrême droite cogouverne dans le cadre d’alliances, des phénomènes autoritaristes sont aussi à noter. Depuis 2023, le régime slovaque pro-Poutine attaque à la fois la justice (éliminant le bureau du procureur spécial pour la lutte anticorruption), les médias indépendants, la culture et la liberté d’expression, faisant face à une contestation populaire massive. En Finlande, on note une réduction de la liberté d’expression (citoyens et presse), des postes attribués selon la proximité politique, des déséquilibres entre pouvoirs, un manque de transparence, etc.[36]
Dans l’opposition, l’extrême droite tente de taire ses futures menées liberticides, mais ses allusions à l’histoire trahissent implicitement son autoritarisme latent. Aux Pays-Bas, le PVV ne vénère pas les fascismes du passé, mais Wilders ne cache pas goût pour l’autorité. Tommy Robinson ne brandit pas quelque gloire passée du Royaume-Uni, mais il maintient des relations privilégiées avec Steve Bannon, Elon Musk[37] et Eric Zeymour. Ailleurs, c’est plus flagrant : en Roumanie, George Simion se réclame de la Garde de Fer, milice alliée à Hitler en 1940-1941. Dans la Péninsule ibérique, Chega est nostalgique de Salazar et Vox affiche sa mélancolie à propos de Franco. En Allemagne, Björn Höcke, dirigeant de l’AfD, use du terme carrément nazi de Lebensraum et joue sur l’ambigüité de symboles et slogans hitlériens. Au RN français – issu du pétainisme – enfin, la députée Caroline Parmentier, adoratrice de Pétain et proche de Marine Le Pen, exigeait en 2018 « du respect pour celui qui nous a conduits à la victoire »[38]. Cette députée a toujours pu compter sur le soutien de la direction et des cadres du RN.
Nationalisme exacerbé et haine de l’immigration
Sur ce terrain, ce qui sépare les partis d’extrême droite extérieurs au pouvoir et ceux au gouvernement, c’est que les seconds mettent en œuvre des politiques nationalistes et racistes que les premiers ne peuvent qu’exiger. Dans de nombreux pays la haine de l’autre (et des immigré.es) prend la forme de l’islamophobie. L’adoration de la nation et sa protection supposée par le rejet de l’immigration sont des piliers de leur démagogie, et visent à attirer des populations, de plus en plus amples, frustrées voire ruinées par la crise du capitalisme et son injustice consubstantielle. Une fois au pouvoir, ces partis poursuivent dans la même veine, prenant des mesures inhumaines et injustes contre les immigré.es.
Parmi les partis dans l’opposition, Chega (qui signifie « ça suffit ») et dont le slogan – salazariste – est « Dieu, patrie, famille et travail » s’oppose à l’immigration non seulement au Portugal, mais dans toute l’UE, préconisant la « réduction drastique de la présence islamique » en son sein[39]. Le nationalisme de Vox pousse ce parti à réclamer le transfert des compétences régionales vers Madrid et l’interdiction des partis indépendantistes catalans. Xénophobe, il exige le durcissement de la politique migratoire. En Roumanie, l’ultranationaliste Simion voudrait former une alliance souverainiste au sein de l’UE. Irrédentiste, il exige la restauration des frontières de la Roumanie d’avant la Seconde Guerre mondiale, incluant toute la Moldavie, et des parties de l’Ukraine et de la Bulgarie. Quant à Wilders, il rêve de « grands Pays-Bas », incluant la Flandre belge. Cela va de pair avec un racisme prenant essentiellement la forme d’un suprémacisme débridé et d’une islamophobie sans retenue : selon lui, le Coran « est le Mein Kampf d’une religion qui aspire à éliminer les autres » ; l’islam n’est pas une religion, mais l’« idéologie d’une culture attardée » ; et le voile est une « serpillère »[40]. L’AfD allemande, identitaire, ultranationaliste, raciste, islamophobe, se dit favorable à des déportations en masse de personnes issues de l’immigration, des « Allemands de seconde zone »[41]. Au Royaume-Uni, Tommy Robinson accède à une funeste notoriété dans un cadre de haine croissante contre les demandeurs/ses d’asile. Cet individu a influencé Darren Osborne, auteur de l’attentat terroriste – 1 mort, 12 blessés – de la mosquée de Finsbury Park en 2017[42]. Un des slogans de cet ultranationaliste est « Make England Great Again »[43]. Il instille l’idée venimeuse que l’identité britannique est menacée par une soi-disant invasion musulmane. Au centre du programme du RN, la « préférence nationale » comprend une forte dose de haine des immigré.es, et implique d’institutionnaliser la discrimination sur le marché du travail. Cette haine inclut l’islamophobie, qui s’exprime de la base au sommet du parti : tout récemment, Marine Le Pen est comparue au tribunal pour avoir fait l’amalgame, en 2019, entre une étudiante[44] de Sciences Po et « l’islam radical », pour la seule raison que la jeune femme portait le foulard.
Une fois au pouvoir, l’extrême droite met en œuvre nationalisme et rejet de l’immigration et des musulman.es, du moins quand cette thématique a un sens dans un pays donné. Petit tour d’horizon.
Nationaliste, Trump l’est radicalement. Trois indices : l’acronyme de la campagne de 2024, MAGA (Make America Great Again), entretient la confusion entre l’Amérique et les États-Unis ; Trump a rebaptisé le Golfe du Mexique Golfe d’Amérique ; ses droits de douane exorbitants ont remodelé le commerce international dans un sens pro-étatsunien. Trump attise le racisme ambiant en beuglant une inversion de réalité, s’insurgeant du « racisme antiblancs », des blancs qu’il présente comme les victimes de l’histoire ! Les expulsions d’immigré.es sans-papiers, menotté.es aux pieds et aux mains, filmées par le pouvoir, sont massives : l’ICE (agence fédérale de contrôle de l’immigration, dont le budget s’est envolé) agit brutalement, sépare des familles, parfois avec des véhicules blindés ! Il y eu 400 000 expulsions jusqu’à septembre ; l’objectif est de 600 000 sur 2025)[45]. Haineux vis-à-vis latinos – en 2015, il accusait les Mexicains d’être des « violeurs » et des « criminels », il a agi autrement avec les arabo-musulmans. En 2016, il avait imposé le travel ban (bloquant les visas pour les ressortissant.es de pays musulmans jugés dangereux), mais il a courtisé cette communauté aux États-Unis en 2024[46] , pour remporter des swing states. Mais le choix de ministres pro-israéliens et anti-palestiniens a douché cette communauté.
Poutine est un ultranationaliste. Les preuves ne manquent pas : ses références à la « grande Russie » sont légion ; il est décidé à étendre son territoire et à implanter la domination « grand-russe » partout (Tchétchénie, Géorgie, Ukraine…) où sévissent ses tanks ; lors de son discours précédant l’« opération spéciale » en Ukraine, en février 2022, on voyait derrière lui le portrait de Catherine II, impératrice qui a contribué à façonner la « grande Russie » ; le bourrage de crâne du régime inclut l’enseignement du patriotisme à l’école. Le racisme anti-immigré.es en Russie, phénomène de masse, vise notamment les peuples d’Asie centrale et du Caucase, et s’articule avec les exactions des autorités sur ce point. Mais contrairement au despote de la Maison-Blanche, celui du Kremlin ne clame pas cette politique haut et fort. Les descentes de la police russe dans les foyers d’immigré.es sont souvent filmées, mais restent plutôt isolées sur les réseaux sociaux[47]. Dernière trouvaille de Poutine : obliger les ressortissants étrangers à s’engager un an dans l’armée russe, sauf certificat de démobilisation cas d’inaptitude médicale : une façon de se débarrasser d’une partie de la population immigrée tout en trouvant de la chair à canon pour sa boucherie en Ukraine.
En Inde, Modi imprime un ultranationalisme hindou fortement teinté d’islamophobie. Par exemple, dans la campagne électorale de 2024, il a multiplié les discours fielleux, dénonçant comme des « infiltrés » les musulman.es indien.nes, qui, soi-disant, allaient s’emparer des richesses du pays si l’opposition l’emportait[48]. Autre exemple : pour les non-hindous, Modi s’appuie sur des bandes « vigilantistes » qui empêchent par la violence les fréquentations interreligieuses, dans les rues ou sur les campus. De tels nervis poursuivent et tuent des agriculteurs qui n’ont pas la « bonne religion »…
L’une des bases du bolsonarisme est le patriotisme – très lié au nationalisme – c’est à dire l’attachement profond au Brésil, vu comme au-dessus de tout. C’est sur cette base que Bolsonaro s’est emparé du symbole que représente le drapeau brésilien, faisant défiler ses fans vêtu.es de ses couleurs (vert et jaune). Mais au Brésil l’islam et l’immigration sont des thèmes de moindre portée qu’en Europe. Néanmoins, Bolsonaro avait vite décidé la sortie du Brésil du Pacte mondial de l’ONU sur les migrations.
« L’Argentine ne sera pas une terre fertile pour l’arrivée des délinquants »[49], a déclaré Manuel Adorni, porte-parole du gouvernement argentin. L’Argentine était une terre d’immigration traditionnelle, mais Milei a décidé de durcir les conditions d’accueil des migrant.es, dépeint.es comme des délinquant.es.
Orbán est un nationaliste xénophobe qui fustige l’orientation de l’UE en matière d’immigration depuis 2014. Il déclarait alors : « l’objectif est de mettre fin à l’immigration par tous les moyens »[50] . Il a instrumentalisé les attentats islamistes de 2015 en France pour répéter son opposition à l’immigration. De fait, il associe celle-ci au terrorisme et aux musulmans, qu’il présente comme un danger pour l’Europe. Il s’oppose aux quotas de migrant.es alors promus par l’UE.
Robert Fico, dirigeant nationaliste de la Slovaquie, fait partie du fan-club de Poutine. Il est hostile à l’immigration et le fait savoir dans ses discours qui jouent avec la peur des étranger.es. Mais Fico est un anti-immigré.es frustré : son pays de 5,4 millions d’habitant.es a besoin de forces de travail venant de l’étranger. Depuis le retour de Fico au pouvoir en 2023, 30 000 migrant.es sont entré.es en Slovaquie, issu.es d’Ukraine, de Serbie, mais aussi d’Inde, d’Ouzbékistan, des Philippines…
Tout qui précède révèle que cette engeance bête et méchante – pour employer une expression qui fut fameuse – est constituée d’un amalgame d’obscurantisme, d’intolérance et de haine. Cependant, ladite engeance a partout le vent en poupe. C’est dire à quel point le monde capitaliste va mal ! Au vu de ce que ces trois articles ont tenté de démontrer, il ne faut surtout pas compter sur de telles forces politiques pour en finir avec ce système. Malheureusement, des fractions très nombreuses du peuple et des travailleurs/ses se retrouvent prisonnières de la démagogie véhiculée par l’extrême droite. Or, celle-ci est un rouage, particulièrement nocif et nauséabond, du capitalisme. L’article suivant tentera, face à cette puanteur politique, de cerner les forces qui existent et ce qui fait défaut pour gagner.
[1] https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/03/08/aux-etats-unis-l-administration-trump-mene-un-sabotage-en-regle-des-sciences-du-climat_6577110_3244.html
[2] https://www.iris-france.org/les-attaques-de-ladministration-trump-ii-contre-le-climat-lenvironnement-et-la-biodiversite/
[3] https://www.huffingtonpost.fr/environnement/article/ce-projet-de-trump-montre-son-ambition-demesuree-pour-les-energies-fossiles_247104.html
[4] https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/11/21/l-administration-trump-prevoit-une-expansion-massive-du-forage-d-hydrocarbures-offshore_6654225_3244.html
[5] https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-lutte-enchantee/la-lutte-enchantee-du-mardi-07-janvier-2025-8679121
[6] https://www.europe1.fr/international/poutine-remet-en-cause-la-part-de-lhomme-dans-le-rechauffement-climatique-3216527
[7] https://www.natura-sciences.com/decider/vladimir-poutine-ecologiste.html
[8] https://www.liberation.fr/environnement/pollution/vladimir-poutine-autorise-une-hausse-des-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-dans-son-pays-20250806_OKNKHL6ZOJBFTGNHI6XIA7PSUE/
[9] https://www.amisdelaterre.org/militant-ecologiste-hongrois-hongrie-viktor-orban/
[10] https://www.rfi.fr/fr/emission/20200113-hongrie-climat-adopte-strategie-nationale
[11] https://reporterre.net/Aliyev-Orban-Meloni-La-COP29-accueille-le-gratin-d-extreme-droite-mondial
[12] https://www.novethic.fr/environnement/climat/en-inde-narendra-modi-reelu-a-une-courte-majorite
[13] https://reporterre.net/Aux-Pays-Bas-l-extreme-droite-climatosceptique-aux-portes-du-pouvoir
[14] https://www.liberation.fr/planete/2020/03/03/allemagne-l-afd-asile-des-climatosceptiques_1780506/
[15] Idem.
[16] https://www.greeneuropeanjournal.eu/le-parti-vox-despagne%E2%80%AF-la-montee-en-puissance-du-populisme-environnemental-international/
[17] https://reporterre.net/En-Espagne-l-extreme-droite-climatosceptique-tire-parti-des-catastrophes-ecologiques
[18] Cela relève assurément de l’opération de dédiabolisation menée par Marine Le Pen.
[19] Paragraphes largement réalisés en s’appuyant sur le travail de Reporterre. https://reporterre.net/On-vous-presente-les-nouveaux-deputes-RN-climatosceptiques-et-anti-ecolos
[20] https://www.iris-france.org/presse/une-derive-autoritaire-sans-precedent/
[21] https://www.iris-france.org/presse/une-derive-autoritaire-sans-precedent/
[22] Le 26/11/25, Trump a traité ce journal de « torchon » et d’« ennemi du peuple ». https://www.franceinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/donald-trump-s-en-prend-au-new-york-times-qualifie-d-ennemi-du-peuple-pour-un-article-sur-son-age_7641296.html
[23] https://www.mediapart.fr/journal/international/121125/les-medias-l-epreuve-du-piege-trump
[24] https://www.courrierinternational.com/depeche/trump-veut-reclamer-jusqu-a-5-milliards-de-dollars-a-la-bbc.afp.com.20251115.doc.844e922.xml
[25] https://www.liberation.fr/international/amerique/etats-unis-un-juge-annule-les-inculpations-de-james-comey-et-letitia-james-betes-noires-de-donald-trump-20251124_QN32MLNQAVHDTA2Q4CVDEFHCH4/
[26]https://www.huffingtonpost.fr/international/article/trump-repudie-publiquement-marjorie-taylor-greene-coup-de-tonnerre-chez-les-maga_257172.html
[27] https://www.mediapart.fr/journal/international/191125/affaire-epstein-le-congres-inflige-un-revers-donald-trump
[28] https://theconversation.com/le-regime-de-vladimir-poutine-est-autoritaire-et-detestable-mais-on-ne-peut-le-qualifier-de-fasciste-214771
[29] https://www.lemonde.fr/international/article/2024/03/20/en-russie-l-ampleur-de-la-fraude-lors-du-scrutin-presidentiel-commence-a-apparaitre_6223086_3210.html
[30] https://www.lemonde.fr/europe/article/2006/10/10/anna-politkovskaia-la-liberte-d-expression-assassinee-en-russie_822018_3214.html
[31] Voir en particulier : https://laviedesidees.fr/Narendra-Modi-ou-la-fin-de-la-democratie-indienne
[32] https://www.cer.eu/in-the-press/la-hongrie-de-viktor-orban-est-devenue-un-r%C3%A9gime-hybride-entre-la-d%C3%A9mocratie-et-la
[33] https://voxeurop.eu/fr/giorgia-meloni-italie-autoritarisme/
[34] https://theconversation.com/le-paradoxe-milei-en-argentine-le-president-joue-le-jeu-democratique-mais-adopte-des-comportements-autoritaires-249711
[35] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-enjeux-internationaux/argentine-javier-milei-face-a-la-memoire-de-la-dictature-militaire-5353326
[36] https://blogs.mediapart.fr/sylvain-tollis/blog/230225/la-finlande-une-dictature-democratique
[37] Elon Musk et Steve Bannon (ancien conseiller de Donald Trump en 2016) ont tous les deux fait un salut nazi…
[38] https://www.mediapart.fr/journal/politique/171125/le-rn-et-petain-les-gros-trous-de-memoire-de-jordan-bardella
[39] www.euractiv.fr, le 27 juin 2023
[40] https://ccieurope.org/2023/11/30/pays-bas-geert-wilders-victoire-dun-pionnier-de-lislamophobie-eradicatrice/#24a5da03-39d7-4f2c-9880-6d409ac0c86f
[41] https://basta.media/pourquoi-renseignements-allemands-classent-afd-mouvement-extremiste-extreme-droite-Allemagne
[42] https://www.politis.fr/articles/2025/09/de-londres-a-paris-la-contagion-xenophobe/
[43] https://www.france24.com/fr/europe/20250913-tommy-robinson-visage-extr%C3%AAme-droite-britannique-attise-la-haine-anti-musulmans
[44] https://www.mediapart.fr/journal/france/101125/marine-le-pen-au-tribunal-pour-injure-raciale-contre-une-etudiante-voilee
[45] https://www.politis.fr/articles/2025/10/budget-record-pour-lice-trump-deploie-sa-machine-anti-immigration/
[46] https://www.revueconflits.com/lelectorat-musulman-americain-allie-de-circonstance-de-trump/
[47] https://legrandcontinent.eu/fr/2025/07/11/poutine-contre-les-migrants-comment-la-russie-est-devenue-un-enfer-pour-les-populations-centrasiatiques/
[48] https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/elections-en-inde-modi-designe-les-musulmans-comme-des-infiltres-2090490
[49] https://www.lesechos.fr/monde/ameriques/sous-lere-milei-largentine-durcit-son-regime-migratoire-2166831
[50] http://www.observatoire-migration.org/la-hongrie-fustige-la-politique-liberale-de-lue-en-matiere-dimmigration/
