Face à la gangrène de l’extrême droite – Article 2

Cet article est le second d’une série de quatre visant à mieux saisir l’extrême droite internationale. Après un premier article recensant l’extrême droite dans un certain nombre de pays sur plusieurs continents, ce second article s’attache à montrer certaines différences entre ces forces politiques. Un troisième article tentera de faire ressortir les domaines où toutes ces forces ont la même politique. Cette série se conclura par une ébauche de ce qui existe face à ce phénomène international, et de ce qui fait défaut.

On comprend d’emblée que la différence de nature entre les partis et courants dans l’opposition, et ceux qui sont parvenus au pouvoir exécutif, fait apparaitre des clivages plus ou moins profonds. Pour arriver à gouverner, ces partis sont enclins à mettre en avant certains volets de leur programme, et à en taire d’autres. Une fois au gouvernement, la pratique politique réelle révèle ce qu’ils sont. Mais au-delà de l’opposition parti d’opposition/parti au gouvernement, ces mouvements et partis, ainsi que les régimes politiques qu’ils mettent en place, ne sont pas exactement tous les mêmes.

A propos des questions économiques

Observons trois cas ici : deux cas d’extrême droite au gouvernement (Argentine, Italie), et un cas de parti dans l’opposition : le RN français. Sur la doctrine économique et la politique économique et sociale menée ou préconisée, ces partis ou leurs dirigeant.es divergent, au moins en apparence. Pour servir avec zèle les intérêts de la haute bourgeoisie, certain.es s’affichent sans complexe ultralibéraux/les, et agissent en conséquence ; d’autres restent caché.es derrière un rideau de fumée.

Javier Milei, le président argentin, appartient sans conteste à la première catégorie. Anti-communiste et antisocialiste, il est fier de détester les « merdiques de gauche », et se veut un disciple de l’École autrichienne d’économie et de Friedrich Hayek. Défenseur frénétique du « libre marché », il s’est attaché à réduire le budget en trois mois, et, dès le début de sa présidence, à supprimer fortement et rapidement des dépenses publiques. Il hait la protection sociale et l’article 14 de la Constitution qui garantit le droit au travail, les retraites et tous les dispositifs de la sécurité sociale, qu’il voit comme « un cancer du pays » ; et il a déclaré vouloir abroger tout cela. Et bien sûr, il se prononce en faveur des privatisations, y compris celle du CONICET (Conseil national de la recherche scientifique et technique).

En Italie, Giorgia Meloni transparait différemment au plan des questions économiques et sociales. Avant de prendre les rênes du pays, elle défendait un interventionnisme modéré, et souhaitait notamment la fin du revenu de citoyenneté créé par le premier gouvernement de Giuseppe Conte (1er juin 2018 – 5 septembre 2019) ; mais elle prônait des mesures pour l’emploi et le logement, réservées aux Italiens. Devenue présidente du Conseil en octobre 2022, Meloni a plutôt surpris : à son arrivée, elle n’a presque pas modifié le budget de son prédécesseur, Mario Draghi ; elle a poursuivi la politique d’austérité en vigueur, s’attaquant notamment aux prestations sociales. Par contre, alors que Draghi avait « boosté » l’économie grâce au « superbonus » (subvention pour rénovation énergétique) en stabilisant le déficit public à un haut niveau, c’est sous la pression de l’UE que Meloni a mis un terme à cette mesure. Ce qui frappe avant tout dans la politique économique de son gouvernement, c’est son souci d’adaptation aux exigences de l’UE. Un fait récent le confirme : le budget 2026, très inégalitaire et mal perçu, est parfaitement en phase avec les exigences de Bruxelles, et même au-delà : après 3% de déficit budgétaire en 2025, des prévisions de 2,7% et 2026 et un objectif de 2,3% en 2028[1].

Le Rassemblement National français a voté contre la réforme des retraites de 2023 : il tient à conserver une assise populaire, indispensable pour accéder au pouvoir. Cela l’amène à défendre oralement les intérêts matériels « des Français » – dont beaucoup appartiennent aux milieux populaires – et à entretenir le flou sur ses intentions. Toutefois, en se rapprochant du pouvoir, le RN s’adapte à grands pas aux exigences et intérêts de la bourgeoisie. Désireux de ne pas froisser les chefs d’entreprise, le RN, qui, au Parlement, a toujours voté contre les hausses de salaires, refuse maintenant la taxe Zucman (qui ponctionnerait quelque 2% de la fortune des ultrariches) et rejette tout ce qui pourrait nuire aux intérêts de la classe dominante. Jordan Bardella, le président du parti, tergiversait en 2024 sur le devenir de la réforme des retraites (qui reporte l’âge légal de 62 à 64 ans). Le RN espérait alors remporter les législatives, et s’est montré peu clair, bredouillant et se contredisant. Tandis que le RN, en 2023, vitupérait contre cette réforme – pour plaire à la rue en colère – Bardella, en 2024, revenait sur les engagements pris par son parti un an plus tôt – pour plaire au patronat – et, ce faisant, se prenait les pieds dans le tapis. Le 11 juin 2024, soucieux de paraitre « économiquement responsable », Bardella renonçait confusément au retour aux 60 ans que le RN prônait jusqu’alors, expliquant que cette mesure ne faisait pas partie des priorités, déclarant : « il faudra faire des choix »[2] et précisant que l’abrogation de la réforme de 2023 interviendrait « dans un second temps »[3]. Le 17 juin, Bardella affirmait autre chose : si le RN gouvernait, la réforme des retraites de 2023 serait abrogée « à partir de l’automne »[4]. Mais le 26 juin, Bardella faisait mieux : il évoquait le cas de départs en retraite à 66 ans !…

Une chose est sûre : tant les ultralibéraux assumés que les forces voulant « faire peuple » et prétendant se trouver en dehors du système se placent sans ambiguïté du côté des riches et du grand patronat.

Un antiféminisme plus ou moins revendiqué : plusieurs exemples

A propos du féminisme, l’extrême droite, par essence machiste, parvient parfois à camoufler plus ou moins l’opposition aux droits des femmes qui la caractérise. Observons d’abord ce qui se passe dans quatre pays où l’extrême droite est au gouvernement (les États-Unis de Trump, l’Argentine de Milei, la Russie de Poutine et l’Inde de Modi), après quoi nous examinerons le cas du RN français. L’hostilité à la cause féministe prend souvent la forme de la lutte contre le droit à l’avortement. Mais pas seulement.

La campagne de Trump en 2016 avait déjà éclairé des centaines de millions de personnes, dans son pays et dans le monde, sur la façon dont cet individu considère les femmes. En 2016, l’enregistrement qui avait fuité dix ans auparavant a massivement circulé, démasquant l’extrême grossièreté du personnage dans ses rapports aux femmes. Il avait alors osé prétendre, face à son opposante Hilary Clinton : « Personne ne respecte plus les femmes que moi »[5]. Mais chacun.e a pu constater quel séducteur vulgaire il était, sans trop de limites dans l’abjection, s’enorgueillissant publiquement de sa puissance sexuelle, mimant même une fellation sur scène en plein meeting, et déversant des tombereaux d’insultes contre les femmes qu’il n’aime pas : (« folle », « chiennes », « souillons », « animaux dégoutants »)[6] ; et un très long etcetera ! Plus récemment, il a été condamné pour agression sexuelle, et l’affaire Epstein pourrait mettre l’hôte de la Maison Blanche en grande difficulté. Trump nie ses liens avec cet immense scandale de pédocriminalité, refusant d’admettre qu’il était au courant des agissements de son ex-copain Epstein. Mais trois e-mails de ce dernier ont tout récemment été divulgués, dont l’un de 2019, dans lequel Epstein s’en prend à Trump : « Il savait à propos des filles »[7]. La fin du « shutdown » (blocage budgétaire) va sans doute vite remettre cette affaire au premier plan.

En 2025, Trump n’a pas attendu pour attaquer le droit à l’avortement. Dès le 25 janvier, soutenu par des dizaines de milliers de manifestant.es à Washington, il a abrogé deux décrets de Biden permettant l’accès à l’IVG pour protéger la santé des femmes dans un contexte de reproduction. En même temps, la Cour Suprême trumpiste décidait de revenir sur le droit à l’IVG au niveau fédéral. Dans le même mouvement, Marco Rubio, Secrétaire d’État, bloquait toute subvention fédérale à des avortements réalisés à l’étranger. Et comme Trump, dans son premier mandat, avait déjà lancé une déclaration internationale contre l’IVG, Rubio replaçait les États-Unis dans la liste de ses signataires[8].

Milei exhibe un machisme crasse, et n’a jamais caché pas qu’il voulait casser les droits des femmes[9], notamment abroger la loi légalisant l’avortement et abolir les cours d’éducation sexuelle à l’école. Il refuse de reconnaitre l’existence de l’inégalité de salaires entre hommes et femmes. Il étale sa tolérance envers les féminicides, en voulant éliminer le caractère de circonstance aggravante (dans le code pénal) lorsque le genre est le motif du crime. Depuis son entrée en fonction en décembre 2023, il a notamment supprimé le ministère de la Femme ; fait disparaitre l’Institut national contre les discriminations ; supprimé, au ministère de la Justice, 13 programmes de lutte contre la violence sexiste. Pour couronner le tout, les sbires du régime profèrent des menaces de mort récurrentes, parfois à domicile, contre des militantes féministes et des opposant.es au président.

En Russie poutinienne, la situation des femmes, déjà mauvaise, se dégrade. Le dictateur-quasiment-à-vie livre, de façon assumée, une « bataille des mœurs », et mène une croisade « morale » contre ce qu’il nomme lui-même « l’Occident décadent », au nom de la défense de la famille et de la religion.  Poutine, qu’on a déjà vu exalter la toute-puissance virile, notamment en se faisant photographier torse nu sur un cheval, conduit une bataille ultraconservatrice contre les droits des femmes. En Russie, l’avortement est autorisé par la loi, et pris en charge sur fonds publics : sur demande de la femme, jusqu’à la 12e semaine de grossesse ; de la 12e à la 22e semaine en cas de viol ; pendant toute la durée de la grossesse sur indication médicale. Une majorité des Russes y reste attachée. Pourtant, reflet de la propagande étatique et religieuse, les positions favorables à la restriction de l’avortement à des situations extrêmes (viol, grossesse d’une mineure, etc.) se propagent. L’ex-commandant du KGB, ex-dirigeant du FSB, marche main dans la main avec l’Église orthodoxe, qui lutte avec constance contre l’avortement, qu’elle considère comme un « meurtre légal des enfants avant leur naissance ». Illustration de cette complicité, le tyran du Kremlin a fait voter une loi liberticide contre « l’offense aux sentiments religieux des croyants »[10]. Cela lui a permis de s’en prendre aux féministes, en particulier aux Pussy Riot à partir de 2012. L’État russe n’intervient plus dans l’intimité familiale, et les violences conjugales, dépénalisées depuis 2017, sont soumises à une simple amende. Obtenir un divorce est de plus en plus difficile, et la propagande officielle, sous prétexte de « préserver la famille », pousse les femmes à rester avec leur mari ou conjoint, à s’adapter, à lui obéir, même si ce dernier est une brute. 

En Inde, on ne décèle pas de rejet officiel du féminisme. Mais le « féminisme » qu’affiche volontiers Narendra Modi, qui est obnubilé par son propre contrôle de la population, se révèle paternaliste et fait l’objet de coups politiques. Un exemple connu : pour l’édition 2020 de la Journée internationale pour les droits des femmes, Modi avait décidé d’« abandonner ses comptes de réseaux sociaux à des femmes dont la vie et le travail nous inspirent »[11]. Sept femmes, qui se sont ainsi rendues célèbres, ont alors pu présenter leurs œuvres, dans divers domaines : aide aux handicapé.es, protection de l’eau, lutte contre la faim, etc. Toutefois, ces femmes étaient présélectionnées, une précaution pour éviter les mauvaises surprises désorganisantes ! Par ailleurs, cette opération de communication n’est guère de nature à émanciper les femmes indiennes, et ne peut effacer le fait que rien n’a réellement changé pour elles depuis l’arrivée de Modi au pouvoir. En 2023, autre manœuvre autour des droits des femmes : l’homme fort de l’Inde a fait voter, à la quasi-unanimité des député.es, un projet de loi pour réserver 33% des sièges à la chambre basse du parlement et aux assemblées régionales. C’est un progrès par rapport à l’actuelle représentation politique des femmes, mais il y a deux hics : d’une part, ce changement ne pourra avoir lieu avant 2029, au plus tôt ; d’autre part, ce système de quotas est subordonné au redécoupage des circonscriptions, lui-même dépendant du prochain recensement de la population ; or, bien souvent, redécoupage rime avec charcutage ! Méfiance donc ! En 2024, la réforme du Code pénal, mise en place au tout début du troisième mandat de Modi, réprime plus durement les agressions sexuelles. Mais le viol conjugal n’est toujours pas considéré comme un crime. Et la pression sociale fait que les victimes, culpabilisées, restent auprès de leur mari, ou retournent vivre avec eux. Enfin, les féministes indiennes critiquent le caractère insuffisant et partiel de cette réforme.

En France, le RN cherche plutôt à masquer son antiféminisme : il en parle peu. Postulant au pouvoir, il voudrait même faire croire qu’il se soucie de la cause des femmes. Il l’instrumentalise. C’est ainsi que la tête de liste RN aux élections européennes, Jordan Bardella, a voulu nous berner quant à sa proximité avec la cause des femmes, déclarant à la télé : « nous devons refuser qu’une seule femme en France puisse un jour s’inquiéter de voir un de ses droits reculer ». Il a cherché, notamment, à nous faire oublier l’opposition historique de son parti au droit à l’avortement[12]. Toutefois, sa vraie nature transparait à travers des faits peu connus, souvent advenus dans l’enceinte du Parlement européen : refus du RN, en 2020-21, de voter une résolution contre la Pologne, qui interdit l’avortement ; en 2021, refus de voter en faveur d’une résolution instaurant des formations contre le harcèlement sexuel dans les institutions de l’UE ; en 2022, refus de voter pour la mise en place d’un salaire minimum européen, bénéfique par nature aux femmes, qui constituent partout la majorité des bas et très bas salaires (cela sous prétexte qu’une telle mesure relèverait d’une compétence nationale) ; abstention du RN en 2023 lors de l’adoption de la Convention d’Istanbul, visant à prévenir la violence contre les femmes et la violence domestique ; abstention aussi sur le troisième plan de l’UE sur les questions d’égalité au travail ; abstention encore lors de l’adoption de la directive européenne pour la transparence et l’égalité des rémunérations entre femmes et hommes, pour un travail égal ou de même valeur.

Au plan national aussi, on note des positions antiféministes au sein de ce parti : 11 député.es du RN ont voté contre la constitutionnalisation du droit à l’avortement en 2024 ; une minorité certes, mais porteuse de sens. En 2023, Jordan Bardella prônait une politique nataliste pour financer les retraites. Tout ceci trahit un positionnement antiféministe et patriarcal que la direction du RN souhaiterait cacher pour mieux se rapprocher du pouvoir. Observons aussi que, malgré le profil bas ou le trompe-l’œil récupérateur des ténors du parti, on relève aisément, notamment de la part de seconds couteaux au parlement, toute une série de remarques sexistes. Notamment du député Jocelyn Dessigny en 2023 : « Nous partons du principe qu’une mère au foyer, elle est peut-être mieux à la maison à s’occuper des enfants »[13]. Le RN combine d’ailleurs un féminisme de façade – une façade bien lézardée – avec une xénophobie totalement décomplexée. Il prétend notamment, dans son approche « féministe », « réserver le système social français, et notamment les allocations familiales aux familles françaises »[14]. Il claironne aussi des sornettes, ignobles et démolies par de nombreuses études, comme l’idée que les violences faites aux femmes et aux filles sont pour la plupart perpétrées par des immigrés !

Rejet des personnes LGBTQIA+ : souvent assumé, parfois camouflé

Une personne LGBTQIA+ (par définition non-hétérosexuelle et, plus précisément, lesbienne, gay, bi, trans, queer, intersexe, asexuelle, ou toutes les autres orientations non-hétéro) fait l’objet d’une oppression très généralisée. Mais plus ou moins selon les pays. Par nature, les courants antiféministes sont aussi LGTBQIA+-phobes. Homophobie et transphobie ne sont pas l’apanage de l’extrême droite, loin de là, et Macron a notamment sévi plusieurs fois dans ce domaine[15]. Dans de nombreux pays, la situation des personnes LGBQIA+ empire. En Europe, des avancées ont eu lieu dans la période récente, mais la présence de l’extrême droite dans certains gouvernements représente un danger. En Slovaquie, des meurtres de personnes homo, trans et non-binaires ont été signalés ces dernières années, ce qui n’existait pas auparavant[16]. En Hongrie, Orbán a fait voter par son parlement une loi discriminatoire pour les homosexuel.les et transgenres, visant à empêcher la promotion « de la déviation de l’identité de genre »[17], et cela, malgré les rappels à l’ordre de l’UE ; cette année, le même parlement a voté une loi visant à bannir la Marche des Fiertés. Celle-ci s’est déroulée malgré tout, rassemblant 200 000 personnes à Budapest, infligeant ainsi une riposte massive et un camouflet au président hongrois.

Dans l’Argentine de Milei, la haine de la communauté LGBTQIA+ portée au sommet de l’État conduit à une hausse des crimes visant ces personnes (+75% de plus au 1er trimestre 2025 qu’à la même période en 2024)[18]. Cet infâme président ne cache pas son jeu. Lors d’un discours dans le cadre chic et feutré de Davos, il s’en prenait pêle-mêle, au « virus woke », au « féminisme radical » et à « l’idéologie de genre », dont « la version extrême » réside, selon lui, dans la « maltraitance d’enfants ». Il n’hésite donc pas à faire l’amalgame entre personnes queer et pédophilie. Ces propos abjects, la rue les a condamnés dès le 1er février ; puis, plus massivement, lors de la Marche des Fiertés.

Aux États-Unis, la détestation des « déviants sexuels », qui dégouline des éructations de Trump, pousse un nombre croissant de personnes LGBTQIA+ à quitter le pays, en particulier pour aller s’installer aux Pays-Bas[19]. Dès le jour de son investiture, le revenant de la Maison Blanche expliquait que le pays qui l’avait élu ne reconnaitrait plus que « deux sexes, masculin et féminin » définis dès la naissance[20]. Par conséquent, le genre X (ni masculin ni féminin) – une possibilité créée sous Biden – doit disparaitre des documents officiels (passeports, visas, sécurité sociale, etc.)[21]. L’hostilité anti-trans de Trump, de type obsessionnel, s’est très vite été convertie en actes : une semaine après son investiture, il signait un décret discriminatoire bannissant de l’armée « l’extrémisme de genre » et « le délire transgenre », afin de disposer « de la force combattante la plus létale au monde »[22] ! Peu après, un autre décret de Trump interdisait aux athlètes transgenres de pratiquer des sports féminins, et prévoyait de couper les subventions fédérales aux écoles permettant aux élèves trans de participer à des équipes sportives féminines[23]. De plus, selon cet individu, tout programme favorisant la diversité et l’inclusion au plan fédéral doit être banni. Les cercles concentriques dont s’est entouré Trump sont, bien sûr, au diapason : en septembre, Ronny Jackson, ex-médecin de la Maison Blanche devenu élu du Texas, a parlé des personnes trans en termes de « virus » et de « cancer », qu’il faudrait « retirer des rues et d’internet »[24].

Défenseur zélé de la famille et de l’Église, Poutine perçoit l’Occident comme « décadent », voire « sataniste »[25]! Non seulement le maitre du Kremlin ne cache pas son homophobie, mais il l’exhibe ! En conséquence, la situation des personnes LGBTQIA+ dans ce pays est alarmante, et ne s’arrange pas. En 2013, une loi russe prohibait la « propagande » de « relations sexuelles non traditionnelles » touchant les mineurs ; son champ a été étendu en 2022 pour empêcher la « propagande » LGBTQIA+ dans les livres, les films, les médias et sur Internet. En 2023, une nouvelle loi interdisait aux personnes transgenres de recourir à des thérapies hormonales et des opérations chirurgicales ; et le « mouvement international LGBT » était banni par la cour suprême. En 2024, le dictateur a allongé sa liste des forces « terroristes et extrémistes » : le « mouvement international LGBT » en fait désormais partie.

Dans l’Italie de Giorgia Meloni, la condition des personnes LGBTQIA+ se dégrade également. En 2021, alors que le Sénat discutait d’un projet visant à protéger ces personnes contre les discriminations dans la loi, les partis d’extrême droite Lega et Fratelli d’Italia (le parti de Meloni) ont fait rejeter ce texte. Depuis 2016, une union civile est possible pour les couples de même sexe, mais ceux-ci ne peuvent ni se marier ni adopter. Quant à la PMA, elle n’est autorisée que pour les couples hétérosexuels. Meloni a pour devise « Dieu, patrie et famille » ; elle défend une vision ultra-traditionaliste de la famille, famille qu’elle souhaite catholique, n’admettant ni le mariage homosexuel, ni l’adoption homoparentale ; elle se montre hostile au droit des personnes trans. Dès la première année de sa présidence du conseil, Meloni s’en est prise aux couples homosexuels.

Contrairement à Le Pen-père, qui a toujours vomi sa haine des homosexuel.les et autres personnes non-hétéro, sa fille Marine a fait évoluer son discours, ces dernières années, parvenant largement à ériger une image « gay-friendly », pour elle-même et son parti. Celui-ci compte un nombre croissant d’élus gays. Au point qu’une part significative de des personnes LGBTQIA+ vote à présent RN. Déclarant, ces dernières années, vouloir lutter contre l’homophobie, elle a visiblement assimilé que pour accéder au pouvoir en France, il valait mieux clore ce débat, cesser de s’appesantir sur ces questions et simuler une posture progressiste. Alors que le RN défilait contre le mariage de personnes de même sexe en 2012-2013, que sa figure de proue dénonçait alors l’obéissance de l’Élysée au « lobby LGBT »[26], et que jusqu’en 2016, Marine Le Pen apportait son soutien aux maires qui refusaient d’unir des gays ou lesbiennes, elle dit maintenant vouloir laisser les choses en l’état. Toutefois, afin d’apprécier l’orientation réelle de ce parti sur ces questions, il convient d’observer les positions politiques concrètes qu’il a adoptées, ainsi que certaines déclarations qui en émanent.

Une chose est sûre : le RN ne soutient pas l’acquisition de nouveaux droits par les personnes LGBTQIA+, quand il ne s’emploie pas à l’empêcher[27]. Comme à propos des droits des femmes, c’est souvent dans l’enceinte du parlement européen que l’on saisit les vraies positions du RN sur les questions LGBTQIA+. Ce parti a toujours soutenu les lois homophobes de son allié Orbán, alors qu’une immense majorité du parlement les condamnait. Dans le même ordre d’idées, en 2021, le RN votait contre une résolution au parlement de Strasbourg condamnant la loi hongroise, supposée défendre les droits des enfants, mais en réalité associant homosexualité et pédocriminalité. La même année, les réacs anti-LGBTQIA+ au pouvoir en Pologne, qui avaient déclaré plusieurs zones « sans idéologie LGBT » – que ces cerveaux malveillants voient comme des « zones libérées » – ont aussi pu compter sur le RN et un certain Jordan Bardella, qui a prétendu que ces zones n’existaient pas. En fait, les pressions de l’UE ont fait reculer certaines régions polonaises quelques mois après. Ajoutons que Marine Le Pen elle-même n’a jamais cessé d’entretenir des relations cordiales avec Poutine, oppresseur assumé de la population LGBTQIA+, et qu’elle l’a souvent glorifié[28]. Quant aux thérapies de conversion – visant à ramener les « malades » dans le « droit chemin » de l’hétérosexualité – en 2018, le RN a voté contre deux textes de l’UE visant à favoriser les initiatives destinées à interdire ces thérapies, sur la base d’arguments homophobes[29].

Obscurantisme, mépris de la science et de la culture

La prolifération de thèses complotistes est non seulement dangereuse pour l’information, mais elle peut aussi être funeste pour la santé des gens. C’est bien le cas avec la pandémie de coronavirus. Attardons-nous-y un instant. Les propos faux et toxiques provenaient d’une kyrielle de légendes conspirationnistes et de diverses formes de désinformation présentes à l’échelle internationale. Complots : le virus serait une arme biologique ; il serait fabriqué industriellement ; des complots existeraient, liés à des régimes alimentaires, à l’environnement, à la faune (cannibalisme[30](!), immunité acquise par piqûre d’aliments ou de drogues). Désinformation : elle a pollué la science médicale, sur l’extension de la pandémie ; et même sur la transmission du virus par des animaux, les aliments ou la 5G (!) ; sur l’usage de traitements bidon – l’hydroxychloroquine du bon Professeur Raoult ! – mais elle provenait largement aussi de gouvernements et dirigeants politiques (une désinformation généralisée et institutionnalisée par le gouvernement de Poutine). Une large part de ces fatales billevesées émanait de l’extrême droite et de pouvoirs dictatoriaux : Poutine a vu dans le coronavirus une arme biologique produite par la CIA, comme l’Iran, qui parlait aussi d’une guerre hybride des États-Unis contre la République islamique et contre la Chine… De manière générale, l’extrême droite véhicule aisément des allégations complotistes… quand elle n’en est pas à l’origine. Le complotisme ne relève pas de la simple bêtise. Il s’articule autour d’un mélange d’ignorance et de conviction. La pandémie de coronavirus a donné lieu à une avalanche internationale de positions complotistes. Bien sûr, plus l’extrême droite est forte dans un pays, plus les propos relevant de la théorie de la conspiration sont nombreux et influents.

Face au coronavirus

Les Etats-Unis de Trump, dès son premier mandat, en représentent un parfait exemple. Un habitant du Montana, à l’époque, parlait ainsi de la Covid-19 : « Ce sont des mensonges. Il y a beaucoup de preuves que la “pandémie” due au coronavirus est liée à la Chine communiste. Ils sont en train d’essayer d’imposer le marxisme communiste dans notre pays »[31]. Certes, la personne qui tient ces propos est ignorante et mal informée – cet homme méconnait ce qu’est le marxisme, et il ne perçoit pas que l’Empire du Milieu n’a plus rien de communiste – mais ce discours révèle plusieurs éléments concomitants : déni d’une vérité scientifique déjà établie (sur le coronavirus) ; perception d’un danger extérieur (la Chine) ; idée que cet élément extérieur manipule la réalité et ment pour prendre en secret le contrôle du pays (les États-Unis). Il s’ensuit une volonté hargneuse de démasquer cette prétendue réalité et de se faire justice. Trump a traité la Covid-19 de façon irresponsable et criminelle. Les Etats-Unis ont eu à déplorer quelque 400 000 morts et 23 millions de personnes contaminées pendant les dix mois coïncidant avec la fin de son premier mandat[32]. Des dizaines de milliers de décès sont directement dus à l’attitude présidentielle : minimisation d’une maladie censée « disparaitre comme par miracle » ; refus systématique de mettre en place les gestes élémentaires (masques, distanciation sociale) ; préférence obsessionnelle donnée au business sur la santé publique… Mais ce mépris de la science et des médecins, ces mensonges grossiers, souvent grotesques – qu’on pense à son précepte : pour se soigner, avaler de l’eau de javel ! –, son cynisme et sa morgue ont connu des réplications.

Ce fut le cas, en particulier au Brésil, avec Bolsonaro, qui a agi, lui aussi, en assassin. Le rapport d’une commission d’enquête parlementaire en date du 20 octobre 2020, lui impute au moins 127 000 décès sur les 610 000 qui avaient alors touché le pays, et l’accuse de « crime contre l’humanité » du fait de « retards inexcusables », de « négligence intentionnelle », et de « charlatanisme »[33]. Bolsonaro s’est illustré par son refus obstiné de la vaccination et de la mise en place d’un pass sanitaire ; par la tenue d’un meeting-bain-de-foule sans que lui-même ne soit masqué … Et, peut-être le plus innommable : il s’est moqué publiquement des personnes en détresse respiratoire (en imitant leurs souffrances) !

Parmi les dictateurs ou apprentis dictateurs d’extrême droite au pouvoir, l’attitude de Narendra Modi diffère de beaucoup d’autres, notamment des deux individus évoqués ci-dessus. En janvier 2021, à peine un an après le début de la pandémie, Modi prétend que l’Inde l’a maitrisée et va bientôt sauver le monde en livrant des vaccins en grande quantité. D’emblée, le premier ministre indien n’affiche donc pas un refus obscurantiste de la vaccination ; il étale ses fanfaronnades, sans doute largement à usage interne, autour de la Covid-19 et de la vaccination. Peu après, une nouvelle vague épidémique dévaste le pays, causant des centaines de milliers de morts, et annihile ces prétentions. L’Inde est contrainte d’appeler à l’aide pour obtenir des bouteilles d’oxygène. C’est que le présomptueux Modi et l’appareil étatique au sommet duquel il siège ont agi, pour le moins, à la légère : meetings électoraux et pèlerinages géants autorisés ; système de santé défaillant face à une nouvelle vague épidémique non prévue par les autorités sanitaires ; conflits de pouvoir entre les États fédérés et le pouvoir central…[34]. Comparé à Trump ou Bolsonaro, ce sont d’autres types de défauts qu’a affichés le régime de Modi.

L’extrême droite lepéniste, bien que dans l’opposition, a montré qu’elle aurait aggravé la crise sanitaire si elle avait été au pouvoir. Certes, le RN n’a pas nié l’existence de la pandémie, ni eu recours à des allégations ou des provocations aussi grossières qu’un Bolsonaro. Mais il a affiché une mauvaise connaissance des sujets liés à la maladie et ses conséquences. Marine Le Pen s’est notamment opposée à la vaccination des enfants, qualifiée par elle de « forme de maltraitance »[35], prétendant que les enfants ne risquaient pas de forme grave de la Covid-19 – ce qui est complètement erroné – et mettant en avant un risque d’effets secondaires du vaccin pédiatrique de Pfizer, ce qui est également faux[36]. Par démagogie, Marine Le Pen a pris la défense des non-vacciné.es, affirmant avec aplomb que le vaccin ne protège pas contre l’infection, en particulier ses formes graves… tout en assurant qu’elle-même était dûment vaccinée. Elle a bien pris garde de ne pas être assimilée aux réseaux antivax. Le RN a ignoré la science et instrumentalisé la catastrophe sanitaire pour se faire passer pour un défenseur intransigeant de la liberté, censée être mise à mal par la vaccination et le pass sanitaire – la gestion autoritaire de la macronie mérite certes de nombreuses critiques – et afin de faire avancer ses dossiers de prédilection : les questions sécuritaires et migratoires (bien sûr associées entre elles dans son discours).

Quelques mots à propos de la culture

Le parti de Marine Le Pen présente peu de propositions en matière culturelle, sauf dans des domaines par essence orientés vers le passé et la nation : sauvegarde du patrimoine, défense de la francophonie ; à quoi il faut ajouter la privatisation de l’audiovisuel public. En synthèse, sa vision de la culture est donc tout à la fois conservatrice, identitaire et néolibérale. Particulièrement, on y repère en toile de fond la hantise du « grand remplacement » et le rejet de la diversité culturelle. Ces dernières années, toutefois, le RN a, dans les villes qu’il contrôle, plutôt joué le jeu de la respectabilité et de la continuité des partenariats culturels existants. Mais cela ne va pas sans le rejet de certaines formes culturelles (rap, techno…), ni sans l’éviction d’associations engagées socialement (l’éducation populaire notamment). Les édiles RN et leurs équipes en rajoutent sur l’exacerbation de « l’identité française », et sur une histoire nationale (ou locale) fantasmée. Ils sont souvent en conflit avec certaines équipes artistiques[37].

Que constate-t-on une fois que ces partis sont au pouvoir ?  Pour prendre des exemples européens, la Hongrie d’Orbán, l’Italie de Meloni, et la Pologne de Kaszyiński ne sont pas égales en tous points, mais ces régimes révèlent un socle commun : la culture est mise au service d’une idéologie réactionnaire, nationaliste, et véhicule un récit national revisité. Cela implique la mise au pas des services publics et/ou la privatisation des grands groupe médiatiques, et l’autocensure des artistes et des institutions de la culture. Prenons l’exemple hongrois : l’emprise d’Orbán sur la culture, forte et nocive, fait partie du combat « culturel » qu’il mène : abolition de l’indépendance des universités, institutions culturelles dirigées par des proches du régime, musicien.nes de haut niveau contraint.es à l’exil… Quant à Róbert Alföldi, un comédien et metteur en scène très talentueux, après avoir attiré les foules, il est maintenant marginalisé[38]. Pour en arriver là, point n’est besoin d’être un.e militant.e de gauche très connu.e : il suffit de parler franc et de ne pas endosser les turpitudes du régime !

La Russie poutinienne offre aussi un atroce exemple en ce domaine. Les traits autoritaires du régime se sont encore aggravés à partir de l’invasion de l’Ukraine : purge de la pensée indépendante, de la créativité… Un seul exemple pour illustrer le propos : la pièce de Svetlana Petriïtchouk[39], financée par l’État, jouée pour la première fois en 2020 et mise en scène par Evguenia Berkovitch, traite des raisons conduisant des jeunes femmes russes à épouser des combattants de l’État islamique. En mai 2023, les deux artistes ont été arrêtées, accusées de complicité avec l’État islamique. Leur œuvre n’affiche aucune complicité avec quelque intégrisme que ce soit, elles expliquent leur démarche et bénéficient de soutien. Mais rien n’y fait : elles ont chacune écopé de six ans de prison et y restent enfermées !

En Argentine, Milei et ses complices allèguent que la culture coûte très cher aux contribuables, et qu’il faut y mettre fin. Ils prétendent qu’il n’y a pas d’argent pour les artistes, acteurs/trices, musicien.nes… auxquel.les il faut ajouter les chercheurs/ses. Deux exemples : dès le début, « El Loco » (son surnom) s’est attaqué directement et personnellement – notamment sur X – à certain.es artistes qui n’ont pas l’heur de lui plaire. Dès avril 2024, il a décidé de fermer l’INCAA (Institut national du cinéma et des arts audiovisuels). Le soutien de nombreux artistes, y compris des stars internationales, n’a rien changé à cette décision[40]. Mais les artistes sont vu.es comme une nuisance par ce pouvoir, qui ne jure que par Trump et son exemple, et qui, pour toute culture, s’en tient à la haine du communisme, répétée à l’envi.

La science, la culture, les intellectuel.les sont dans le collimateur de l’extrême droite, qui ne supporte pas l’intelligence, car celle-ci la dérange en éclairant de façon critique ses pensées, ses propos, ses actes. Certes, tous les partis de l’extrême droite ne réagissent pas exactement de la même façon dans ces domaines. Certains, déjà suffisamment installés au pouvoir, disposent de plus de latitude pour museler ce qui leur déplait. D’autres, comme le RN, se trouvent encore dans l’opposition, ce qui peut les inciter à faire profil bas… en attendant ! Néanmoins, du RN à Poutine, de Trump à Orbán, en passant par la vilaine copie d’Elvis Presley qui tient lieu de président argentin, une dictature internationale des imbéciles semble se mettre en place sous nos yeux !

Le prochain article s’intéressera aux domaines dans lesquels les forces d’extrême droite se montrent bien plus semblables que divergentes, voire totalement identiques : la crise climatique, l’autoritarisme, le nationalisme et la haine de l’immigration.


[1] https://www.mediapart.fr/journal/international/101125/en-italie-le-budget-de-giorgia-meloni-conteste-de-toutes-parts Cela dit, un autre aspect de la situation économique de l’Italie est inquiétant pour l’UE et autres : le niveau des intérêts payés par l’Italie pour financer sa dette (4% du PIB chaque année).

[2] https://www.lemonde.fr/politique/article/2024/06/12/elections-legislatives-2024-jordan-bardella-revient-sur-la-promesse-du-rn-d-abroger-la-reforme-des-retraites-s-il-parvient-au-pouvoir_6238949_823448.html

[3] https://www.lesechos.fr/elections/legislatives/legislatives-2024-jordan-bardella-promet-une-abrogation-de-la-reforme-des-retraites-a-partir-de-lautomne-2102105

[4] Idem.

[5] https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/ces-destins-qui-font-l-info/donald-trump-4-5-sa-relation-aux-femmes-9041540

[6] https://www.lesechos.fr/2016/03/donald-trump-derape-encore-sur-les-femmes-204872

[7] https://www.mediapart.fr/journal/international/131125/bien-sur-il-savait-au-sujet-des-filles-donald-trump-rattrape-par-l-affaire-epstein

[8] Voir notamment : https://www.aides.org/actualite/lactu-remaides-trump-20-une-menace-lgbt-et-sante

[9] https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20231123-javier-milei-un-pr%C3%A9sident-qui-veut-d%C3%A9faire-les-droits-des-femmes-en-argentine

[10] https://revueladeferlante.fr/la-guerre-des-moeurs-de-vladimir-poutine/

[11] https://www.liberation.fr/planete/2020/03/13/narendra-modi-et-le-feminisme-sous-controle_1781415/

[12] https://www.alternatives-economiques.fr/rachel-silvera/rassemblement-national-contre-droits-femmes/00111331

[13] Idem.

[14] Idem.

[15] Parmi les perles présidentielles publiées par Mediapart et Le Monde, on trouve notamment ceci : « Et puis il y a des choses complètement ubuesques, comme changer de sexe en mairie ! » https://www.mediapart.fr/journal/politique/201224/les-propos-racistes-et-homophobes-attribues-macron-ne-surprennent-plus-personne

[16] Notamment en octobre 2022 à Bratislava. Cf.: https://www.lemonde.fr/international/article/2022/10/13/en-slovaquie-une-attaque-homophobe-fait-deux-morts-a-bratislava_6145700_3210.html

[17] https://www.bfmtv.com/economie/economie-social/union-europeenne/droits-des-lgbt-orban-justifie-la-loi-hongroise-et-dit-defendre-les-homosexuels_AD-202106250019.html

[18] https://www.lefigaro.fr/international/argentine-une-marche-des-fiertes-contre-les-politiques-de-javier-milei-20251102

[19] https://www.lemonde.fr/international/article/2025/04/23/de-plus-en-plus-de-personnes-lgbt-quittent-les-etats-unis-de-donald-trump-pour-les-pays-bas_6599292_3210.html

[20] https://www.liberation.fr/international/amerique/donald-trump-signe-un-decret-pour-bannir-lextremisme-de-genre-dans-larmee-20250128_WWON6HWG45E6JFTRB7ECG5OMUE/

[21] https://www.aides.org/actualite/lactu-remaides-trump-20-une-menace-lgbt-et-sante

[22] https://www.liberation.fr/international/amerique/donald-trump-signe-un-decret-pour-bannir-lextremisme-de-genre-dans-larmee-20250128_WWON6HWG45E6JFTRB7ECG5OMUE/

[23] https://www.lemonde.fr/international/article/2025/02/05/donald-trump-signe-un-decret-excluant-les-athletes-transgenres-des-sports-feminins_6533627_3210.html

[24] https://www.stophomophobie.com/etats-unis-trump-met-en-cause-laffichage-de-drapeaux-pride-sur-proprietes-privees/

[25] https://www.lemonde.fr/international/article/2024/03/22/la-russie-ajoute-le-mouvement-international-lgbt-a-sa-liste-des-terroristes-et-extremistes_6223550_3210.html

[26] https://www.mediapart.fr/journal/france/190422/derriere-la-dediabolisation-de-marine-le-pen-le-veritable-danger-du-rn-pour-les-lgbti

[27] https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/06/28/les-homosexuels-qui-votent-rassemblement-national-ne-politisent-pas-leur-identite-sexuelle_6245061_3224.html

[28] Elle déclarait en 2017 : « Les grandes lignes politiques que je défends sont celles qui sont défendues par M. Trump et M. Poutine ». https://www.mediapart.fr/journal/france/190422/derriere-la-dediabolisation-de-marine-le-pen-le-veritable-danger-du-rn-pour-les-lgbti

[29] https://www.mediapart.fr/journal/france/190422/derriere-la-dediabolisation-de-marine-le-pen-le-veritable-danger-du-rn-pour-les-lgbti

[30] Ce n’est pas une plaisanterie (en Russie par exemple, on peut lire de telles sornettes !) : https://www.geo.fr/geopolitique/cannibalisme-peuples-betes-ces-theses-conspirationnistes-reprises-par-une-publication-universitaire-russe-218014

[31] https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/12/10/eva-illouz-croire-a-la-science-ou-pas-est-devenu-une-question-eminemment-politique-sans-doute-celle-qui-va-decider-de-l-avenir-du-monde_6062819_3232.html

[32] https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/16/covid-19-la-responsabilite-de-donald-trump-dans-l-hecatombe-americaine_6066492_3232.html

[33] https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cultures-monde/jair-bolsonaro-une-gestion-criminelle-du-covid-2655014

[34] https://dumas.ccsd.cnrs.fr/SANTE_PUB_INSERM/hal-04530491v1

[35] https://www.lagrandeconversation.com/societe/marine-le-pen-et-le-covid-deux-ans-dincoherences/

[36] Idem.

[37] https://www.observatoire-culture.net/extreme-droite-culture-pacte-faustien-inenvisageable/

[38] https://www.mediapart.fr/journal/international/110323/dans-la-hongrie-d-orban-la-culture-entre-baillon-et-autocensure

[39] https://theconversation.com/en-russie-la-purge-se-poursuit-dans-le-monde-de-la-culture-233721

[40] https://www.lequotidiendelart.com/articles/25900-argentine-l-extr%C3%AAme-droite-en-guerre-contre-la-culture.html

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