L’instabilité politique et sociale s’accroit en France

Après quelques mois de stabilité relative, à la fois politique et sociale, la France connaît de nouveau une phase d’agitation. Bayrou a pris la porte et connaît maintenant le destin que tout le monde lui prédisait, déjà, à son arrivée à Matignon. Cela, même si son gouvernement a finalement duré plus longtemps que beaucoup ne l’imaginaient. Depuis que Macron siège à l’Élysée en 2017, nous avons vécu des crises sociales (en particulier les Gilets jaunes en 2018-19, des grèves pour la première réforme des retraites en 2019-2020, la longue lutte contre la seconde réforme des retraites de 2023, la révolte des banlieues après l’assassinat du jeune Nahel par un policier en juin 2023) ; nous avons subi la crise inédite du Covid-19 dans ses multiples aspects en 2020 et les années suivantes ; et nous avons également connu une crise institutionnelle avec des hauts et des bas, particulièrement aiguë en juin-juillet 2024. Sébastien Lecornu, qui vient d’être nommé par Macron en remplacement de Bayrou, est le 5e chef de gouvernement depuis le début du second mandat de Macron en mai 2022. Surtout, la macronie est devenue une force minoritaire à l’assemblée et de plus en plus d’observateurs/tricess’accordent à dire qu’avec l’assemblée élue l’an dernier, le pays est ingouvernable. C’est d’ailleurs l’une des raisons majeures qui ont conduit à la chute de Bayrou.
La crise actuelle possède toutefois une caractéristique nouvelle par rapport à ce qui précède : c’est la première fois en Macronie que crise sociale et crise institutionnelle sont concomitantes. Septembre 2025, c’est à la fois la chute de Bayrou le 8 (et la nomination de Lecornu) et le début de la mobilisation « On bloque tout » à partir du 10. Pour la crise gouvernementale et institutionnelle, les noms et les visages ont en partie changé depuis un an, mais pas la situation fondamentale. Nous en avons déjà abondamment parlé. Mais il est nécessaire d’ajouter des précisions sur les motifs politiques – les choix budgétaires tout particulièrement – qui ont servi de détonateur pour faire sauter Bayrou. Quant au mouvement social annoncé et lancé pendant l’été, et qui s’est levé le mercredi 10, il est trop tôt pour faire des prédictions sur son devenir. Mais quelques précisions sur les secteurs mobilisés et les formes prises par la lutte nous paraissent nécessaires.
Nouveau rebondissement de la crise politico-institutionnelle
Bayrou et la dette
La chute du gouvernement Bayrou était annoncée, la question budgétaire l’a précipitée. Bien sûr, l’austérité des politiques gouvernementales ne date pas d’hier. Mais avec les grosses dépenses de la dernière décennie – notamment celles dues au covid et celles engendrées par le réarmement massif en cours – la dette publique (Etat, collectivités territoriales, Sécurité sociale) s’est largement accrue. Par rapport au PIB, le déficit public en 2025 est de 5,8% – la norme de l’UE est de 3% – et la dette publique (3 300 milliards d’euros) est à 115,5% – alors que celle-ci est censée rester sous les 60% – et dans ce cadre, cette dette est la troisième de l’UE après la Grèce et l’Italie. Mais à ces données rabâchées par les médias du système, il faut en ajouter d’autres, volontiers tues ou minimisées. En 2023 et 2024, le « dérapage budgétaire » a fait l’objet d’une enquête de la commission des finances et Bruno Le Maire, ancien ministre de l’économie jugé souvent responsable de cette gabegie, a été auditionné. Ce dernier a reconnu « des erreurs de prévision » et une « grave erreur d’évaluation des recettes », pas plus. Mais pour comprendre l’ensemble de la situation, il faut fouiller davantage dans les non-dits des faiseurs d’opinion du système. La raison de fond du déséquilibre des finances publiques et de l’endettement se trouve d’abord dans la perte de ressources fiscales, étalée sur plusieurs décennies, et ce, tout particulièrement auprès des catégories sociales les plus aisées et des entreprises. Ce sont ces suppressions d’impôts pour les plus riches qui, graduellement, ont augmenté la dette. D’ailleurs, ce sont les mêmes richards qui paient moins d’impôt et qui s’enrichissent avec des obligations sur la dette publique. Avec Macron, cette injustice fiscale a pris d’emblée un tour nouveau : aussitôt élu en 2017, ce dernier a supprimé l’impôt sur la fortune (ISF) et a instauré un nouveau régime d’imposition du capital avec le PFU (flat tax) sur les dividendes et plus-values. Cela correspond à une baisse massive de l’imposition du capital, tandis que celle sur le travail est toujours aussi lourde et que l’inégalité fiscale se développe avec le poids accru de la TVA.
Le plan Bayrou du 15 juillet et son rejet au Parlement
Tel est le panorama dans lequel Bayrou nous a annoncé, le 15 juillet, un plan budgétaire pluriannuel, avec un objectif de 43,8 milliards d’économies et un retour programmé du déficit budgétaire à 4,6% en 2026. Il se situe dans la même logique injuste et destructrice de la vie des catégories populaires. On y relève, pour commencer, une attaque contre les fonctionnaires publics : l’instauration d’une règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite va être instaurée, causant la suppression de 3 000 emplois publics dès 2026, auxquels il faut ajouter les 1000 à 1500 emplois supprimés avec les « agences improductives » que veut fermer Bayrou. Tout cela alors que des mesures comparables ont été menées dans le passé et n’ont contribué qu’à la désorganisation des services publics. On y trouve aussi un appel à un « effort » de 5 milliards d’euros sur les dépenses de santé, avec une réforme sur la prise en charge des affections longue durée pour sortir du remboursement à 100 % des médicaments qui sont sans lien avec les affections déclarées : des économies sur le dos des malades, particulièrement détestables et mal perçues. Dans le cadre de son « année blanche » en 2026, il n’y aura pas d’augmentation du montant des retraites. Autre mauvais coup, qui a fait couler beaucoup d’encre : la suppression de deux jours fériés par an (a priori le lundi de Pâques et le 8 mai). Pour faire quand même un tantinet équitable, le texte gouvernemental annonçait « un effort particulier » devant être « demandé aux ménages les plus aisés et aux grandes entreprises ». Mais cela est non chiffré, et sous la forme d’une « contribution de solidarité » ponctuelle, touchant aussi les retraités les plus aisés. En tout cas, aucun retour n’est envisagé ni sur la suppression de l’ISF, ni sur la flat tax, marqueurs fétiches de la macronie.
Un tel projet de budget, de telles mesures, avaient peu de chances d’être soutenues à l’Assemblée nationale. La gauche, même la plus bourgeoise, ne pouvait réduire ainsi la dette au détriment de l’emploi et des services publics et de la population la plus défavorisée – celle qui précisément a le plus besoin des services publics – alors même que les principaux services publics (santé, éducation, transports…) nécessitent plus de moyens pour fonctionner. Du côté du Rassemblement National, c’est le pouvoir d’achat et le bien-être « des Français » qui alimente la démagogie pseudo-radicale du parti. Vu l’Assemblée telle qu’elle est, et alors que c’est toute la gauche (LFI, PCF, Écologistes, PS) et le RN qui rejetaient le plan Bayrou, ce dernier allait à l’impasse. Il a proposé, sans qu’il soit bien clair comment l’idée lui est venue – est-ce Macron qui l’a suggérée pour se débarrasser de l’hôte de Matignon ? – un vote de confiance au Parlement, sur sa déclaration de politique générale, le 8 septembre. Il n’y avait guère de suspense, mais la défiance a été encore plus forte que ce qui était attendu : 364 voix contre l’approbation, 194 pour. Le lendemain, Bayrou remettait sa démission à Macron.
Après Bayrou, Lecornu
Le 10, celui-ci, qui avait, ces dernières semaines, eu le temps de réfléchir au successeur de celui qui allait être rejeté au Parlement, nommait Sébastien Lecornu à Matignon. Celui-ci vient de la droite (UMP) mais dès son élection en 2017, Macron le nommait déjà secrétaire d’Etat (délégué auprès de Nicolas Hulot à l’écologie). Il a grimpé les échelons dans l’appareil macroniste et au gouvernement, devenant notamment ministre des Outre-mer, puis plus récemment (2022) ministre des Armées. Ce sénateur de l’Eure est jeune (39 ans) mais il traine déjà quelques casseroles. Il a déclaré (en 2012, lors du « mariage pour tous ») que « le communautarisme gay l’exaspérait ». Comme écologiste, on fait mieux : il aime et pratique la chasse traditionnelle. Plus fracassant, il fait aussi l’objet d’une enquête pénale en cours, par le Parquet national financier (PNF), mais cela ne l’empêche pas de devenir premier ministre. Il s’agit de faits présumés de favoritisme, prise illégale d’intérêts et recel, quand il était ministre des outre-mer et président du département de l’Eure. C’est une affaire de marchés publics, passés à deux reprises mais sans appels d’offres, avec l’ancien journaliste Jean-Claude Narcy. Il peut sembler paradoxal qu’après la dissolution de l’Assemblée en juin 2024, Macron ait d’abord cherché à élargir sa base d’alliances politiques et parlementaires, en évitant soigneusement la gauche mais en nommant Barnier, bien à droite ; pour aller ensuite, après la chute de ce dernier fin 2024, chercher Bayrou, du Modem, parti centriste allié de Macron depuis le début ; et finalement, maintenant, se replier sur Lecornu, « bon petit soldat » (dixit Libération), très proche de Macron.
La base de gouvernement, au lieu de s’élargir, se rétrécit. Dans les prochains jours, Lecornu annoncera la composition de son gouvernement. Mais ce qui compte, c’est les grands choix qui seront faits. Or avec un Macron à l’Élysée et un tout proche de Macron à Matignon, on voit mal comment les orientations fondamentales pourraient changer. Malgré toute la veulerie du PS et d’autres, on imagine mal comment tant la gauche que le RN pourraient accepter un budget proche de celui qu’ils ont refusé le 8 septembre. La plupart des commentateurs médiatiques semblent d’ailleurs miser sur un échec de Lecornu.
C’est ce contexte qu’est apparu le mouvement « Bloquons tout ! », inspiré d’ailleurs par les choix annoncés par Bayrou cet été.
La mobilisation
Les origines et la préparation
Les premiers appels à la mobilisation le 10 septembre auraient vu le jour début mai sur un canal de militant.es pro-Frexit : « Les essentiels ». Il est sans surprise caractérisé d’extrême droite par certains militant.es mais il semble plus complexe à saisir politiquement au vu des éléments donnés dans l’article de Actu.fr. Quoiqu’il en soit, après les annonces de Bayrou le 15 juillet, l’appel au 10 septembre lancé par le groupe sur TikTok a été repris par de nombreux réseaux militants, de l’extrême droite à l’extrême gauche.
C’est le canal « Indignons-nous » qui aura le plus d’adhésionset auquel se rattacheront la plupart des réseaux locaux. Les revendications mises en avant corroborent la description, faite par France Info, des militant.es qui ont initié ce canal : anciens Gilets jaunes, des militants de gauche radicale ou d’anciens opposants au passe sanitaire. Ces revendications peuvent être assez clairement rattachées à gauche : la retraite à 60 ans, le retour de l’ISF, ou l’instauration de la taxe Zucman.
Sur Telegram, une multitude de canaux locaux ont été créés sur le modèle de « Indignons-nous ». La multitude des sous-canaux créés pour organiser le mouvement a montré un potentiel d’organisation très important : discussion générale, propositions d’action, street medics, communication, signalement des oppressions, infos juridiques, caisse de grève etc. Dans certaines villes, des cantines et des gardes d’enfants ont même été organisés pour faciliter la participation à la mobilisation du 10.
Un tel degré de préparation n’a jamais été vu jusqu’ici à cette échelle dans un mouvement en France. Il est assurément le fruit des acquis des luttes de ces dernières années, à commencer par la lutte des Gilets jaunes. Cependant, tout en réunissant une diversité de personnes qui n’avaient jamais fonctionné ensemble jusque-là à cette échelle, la nature des échanges amenait à penser que peu de gens extérieurs aux réseaux déjà militants y participaient. Il s’agissait surtout de syndicalistes, d’adhérent.es à des partis ou des différents types de réseaux affinitaires allant de l’autonomie politique aux Gilets jaunes.
Le dépassement de la sociologie de ce cadre d’organisation allait être un des enjeux de la mobilisation effective du 10 septembre.
La réaction du mouvement social organisé et… les réactions notables du PS et du RN.
Face à ce bouillonnement numérique et aux quelques assemblées générales qui ont effectivement eu lieu cet été, cette mobilisation a rapidement obtenu le soutien d’une bonne partie des organisations du mouvement social, et même au-delà. Il n’a que rarement été caractérisé comme un mouvement d’extrême droite comme avaient pu calomnieusement le faire certaines bureaucraties syndicales ou politiques à propos des Gilets jaunes. Le gouvernement s’en est d’ailleurs servi pour tenter de disqualifier le mouvement en parlant de récupération…
Parmi les directions des fédérations et confédérations syndicales, seule celle de Solidaires a dès le début soutenu le mouvement et organisé des appels à la grève, articulés à la mobilisation du 10. D’autres directions ont déposé des préavis de grève permettant aux salarié.es de faire grève le 10 mais n’y ont pas appelé à participer au mouvement. Elles ont sorti un appel à la grève le 18 septembre alors même que le cadre du 10 septembre appelait une continuité immédiate, en opposition aux journées de mobilisation perlé.es qui ont montré leur incapacité à faire plier le gouvernement lors du dernier mouvement des retraites. Avec moins d’hostilité apparente contre le mouvement social « hors cadre » syndical que lors des Gilets jaunes, ces directions ont tenu à s’en distinguer, sans doute animées comme d’habitude par leur volonté de conserver leur image d’interlocutrices « raisonnables et responsables » auprès des éventuels gouvernements à venir. Le schéma d’une intersyndicale en dernière analyse pilotée par une CFDT qui obtient quasiment toujours gain de cause sur la définition du cadre de mobilisation et de revendication se répète. Il doit être lui-même relié à la proposition du PS de constituer un gouvernement qui ne ferait que 23 milliards au lieu de 44 milliards, et qui constituerait un interlocuteur de choix pour la CFDT et… les autres directions aliénées au « Dialogue social ».
Il est difficile de dire si certains soutiens ont réellement aidé le mouvement tant la gauche française ou la plupart des directions syndicales n’incarnent que peu, pour la plupart des gens, la possibilité de porter réellement des alternatives sociales. En tout cas le soutien, par le Parti Socialiste qui a mis en œuvre des réformes dont celles de Macron ne sont que la continuité, pouvait sembler suspect à des gens voulant de réels changements.
Les porte-paroles du RN qui se posaient alors comme antisystème n’ont pas joué la carte du soutien du mouvement, ce qui constitue une forme de démonstration vis à vis de la « base ouvrière » du RN. Le RN a sans doute préféré donner des gages à sa base sociale historique assez largement constituée d’artisan.es et de commerçant.es ainsi qu’au patronat français qui l’a invité à ses universités d’été.
La journée du 10
La mobilisation du 10 n’a pas été un échec au vu des journéesde mobilisation classiques. Le nombre de 200 000 participant.es annoncé dans les journaux correspond à une mobilisation interprofessionnelle standard. La participation est cependant bien inférieure à la celle des journées d’action lors du précédent mouvement contre la réforme des retraites.
C’est, par contre, pour le moment, un échec par rapport aux espérances de voir un mouvement impliquant largement des « citoyens » comme l’avait fait celui des Gilets jaunes. Il est difficile à ce stade encore d’avoir une vue précise de la sociologie du mouvement mais dans de nombreuses villes, les participant.es étaient principalement jeunes. Parmi les blocages réussis, on peut noter d’ailleurs certains lycées.
Si le mot d’ordre « Bloquons tout » incluait dans la tête de certains autant la grève que les blocages de flux, c’est surtout ce dernier mode d’action qui a imprimé cette journée, en cohérence avec un profil de participant.es pour lesquelles une forme d’autonomie politique constitue une référence.
Les points de rassemblement appelés de manière indépendantepar les syndicats ont souvent fait le plein de participant.es, donnant à la mobilisation un caractère combiné de groupes de blocages et de militant.es moins à même de supporter la répression policière énorme qui avait été mise en place. Le Ministre de l’Intérieur avait mobilisé 80 000 membres desforces de l’ordre, soit un peu plus d’un tiers des forces de répression. Des policier.es et des gendarmes auraient été réquisitionné.es pendant leurs vacances. Ces points de rassemblement se sont souvent transformés en manifestation errantes suite aux gazages par les forces de l’ordre.
Quelques perspectives
Un des acquis de la mobilisation du 10 aura été, de par l’ampleur de sa préparation, d’avoir provoqué indirectement la chute d’un gouvernement d’austérité. La perspective d’un mouvement non dirigé par les interlocuteurs habituels du mouvement social avec le pouvoir, et dont l’objectif était de bloquer l’économie du pays, aura eu un effet plus important que les traditionnelles journées d’action syndicales isolées. L’idée que le mouvement social n’est pas une menace pour les politiques au service du capital a reculé avec ce mouvement. A noter que le capital lui-même a été impacté puisque, à l’instar de ce qui s’était passé lors des Gilets jaunes, les investisseurs étrangers s’inquiètent de la stabilité politique française pour la rentabilité de leurs investissement.
D’un point de vue propagandiste, Macron fait aussi le travail pour montrer que la mobilisation et le blocage ne suffisent pas, puisqu’il a nommé un premier ministre qui n’hésitera pas à appliquer un budget d’austérité comme celui de Bayrou. Les représentants de la bourgeoisie passent et les programmes capitalistes restent… La nécessité de porter une perspective politique dans les mouvements sociaux devrait donc en conséquence trouver davantage d’écho dans la population. Du point de vue des perspectives politiques, les tendances majoritaires dans le mouvement sont pour le moment davantage tournées vers le réformisme, avec comme perspective la France Insoumise ou une union de la gauche. La frange de « l’autonomie politique » qui fétichise les blocages de flux et ne porte pas la question de la perspective politique dans le mouvement, pourrait de fait être rattachée à cette stratégie politique puisqu’iels ne proposent pas de perspectives extra-institutionnelles, voire empêchent les débats qui pourraient les faire émerger. Si cette tendance au réformisme, même radical, continue d’être hégémonique dans le mouvement, le calendrier de mobilisation et les échéances politiques auront du mal à s’émanciper du calendrier électoral et de celui des directions syndicales pour les grandes mobilisations. Chaque période entre deux dates « officielle » est cependant l’occasion pour les réseaux militants de préparer une montée en puissance. Certains réseaux essayent actuellement de mettre en place des marches revendicatives sur le modèle de ce qui se passe en Serbie.
Un des autres acquis de cette mobilisation est aussi constitué par les différents réseaux de préparation qui se sont tissés. Parmi les plus prometteurs, les réseaux de cantines et de luttes qui permettent d’aller au contact de la population et dans lesquels se discute la perspective de Sécurité Sociale Alimentaire (SSA). Cette SSA s’appuie sur un projet de caisses administrées par les travailleurs et les travailleuses pour gérer les salaires et les investissements, avec le projet de s’étendre à d’autres domaines de la production. Ce projet permet de poser les bases d’un programme de transition dont de nombreuses personnes pourraient se saisir.
