La guerre de Poutine contre l’Ukraine et le génocide perpétré par Israël contre le peuple palestinien sont deux éléments essentiels de la situation mondiale actuelle. L’un comme l’autre nécessite de comprendre les rapports entre impérialisme (et colonialisme) d’une part, et nations opprimées de l’autre. Pour des marxistes, impossible de se positionner correctement sans cela.

Aux côtés du peuple et des travailleurs/ses ukrainien.nes

Dans le premier cas, nous soutenons le droit du peuple ukrainien de résister et de se défendre, y compris militairement, contre l’envahisseur. La Russie, comme l’a déterminé le dernier congrès de la LIT, est un nouvel impérialisme. L’une de ses caractéristiques est le surdimensionnement de sa composante militaire. Inspiré par Catherine II et la « grandeur » de l’empire des Tsars, Poutine mène une politique impérialiste d’écrasement du droit des nationalités là où il veut voir régner à nouveau l’ordre de la Grande Russie. Il a déjà montré à quelles extrémités barbares il pouvait en arriver, notamment dans le Caucase, en massacrant le peuple tchétchène. L’Ukraine, devenue trop indépendante à ses yeux depuis les évènements du Maidan en 2014, ne doit pas exister comme nation. Pour lui, l’Ukraine, c’est la Russie.

La majeure partie de la gauche et de l’extrême gauche en France et en Europe défend une orientation hautement critiquable par rapport à la guerre en Ukraine, prônant le neutralisme, voire soutenant la Russie de Poutine. Comme si les impérialismes occidentaux étaient les seuls dans le monde d’aujourd’hui ! Nostalgie de l’URSS, comme si la Russie de Poutine gardait encore des bienfaits du soi-disant « socialisme réel » ? Vision paresseuse selon laquelle ce n’est une bataille entre grandes puissances. Tandis que cette « neutralité » domine à gauche, le peuple ukrainien lutte et meurt sous les bombes de Poutine ; et certains, même à l’extrême gauche, nous disent qu’il n’a pas le droit de s’armer pour y résister. Toutes ces positions sont révoltantes, et font clairement le jeu de Poutine et de son régime.

Même si les impérialismes occidentaux visent à coloniser eux aussi l’Ukraine, et si ce pays est dirigé par un Zelensky qui leur prépare le terrain, l’agresseur du peuple ukrainien, cela reste à ce jour la Russie de Poutine. Et c’est pourquoi la résistance ukrainienne mérite notre soutien. Et nous disons, nous, que la nation ukrainienne agressée a le droit de demander les armes qui lui permettront de vaincre la barbarie grand-russe, et que ces armes doivent lui être livrées en quantité suffisante et dans les délais souhaités. C’est ce que ne font pas les pays impérialistes occidentaux, qui livrent une partie seulement des armes demandées, le font au compte-goutte et avec un retard qui coûte des vies humaines et compromet les chances de l’Ukraine de mettre en échec son agresseur.

Mais si la situation nous conduit à être dans le même camp militaire que le gouvernement bourgeois pro-occidental de Zelensky, c’est avec les travailleurs/ses et le peuple de l’Ukraine qu’il faut bâtir la solidarité, en multipliant les gestes concrets de soutien. La LIT développe aussi des relations politiques avec les secteurs combatifs du prolétariat ukrainien. Nos camarades dans ce pays refusent à la fois la barbarie de l’agression poutinienne et les reculs sociaux que veulent imposer Zelensky et ses mentors de l’UE et des Etats-Unis.

Plus largement, c’est dans ce cadre que les convois organisés par le Réseau syndical international de solidarité et de lutte, ou la solidarité concrète permettant notamment aux classes populaires de la région de Kryvyï Ryh d’acquérir des pompes pour s’approvisionner en eau potable, prennent leur sens de classe. C’est tout cela qui constitue, selon nous, une politique ouvrière pour la nation ukrainienne opprimée.

Aux côtés du peuple palestinien massacré par Israël

En Palestine et à Gaza, c’est à une occupation de type colonial que l’on a affaire. Depuis le début, le sionisme est un colonialisme qui se sert de l’identité juive et accapare les terres des Palestinien.nes, supprime leurs droits, et réprime toutes celles et ceux qui luttent contre le régime d’Apartheid qui s’est mis en place. Tandis que la répression de l’Etat israélien et la barbarie militariste des colons de Cisjordanie font des morts et des emprisonnés par milliers, le peuple gazaoui, coincé dans sa prison à ciel ouvert, périt sous les bombes sionistes, avec la plus grande complicité, même pas toujours hypocrite, des impérialismes occidentaux. Pour défendre l’enclave sioniste qui leur sert de gendarme au Proche-Orient, les Biden, Sunak, Scholtz et Macron, sous prétexte du « droit d’Israël à se défendre », défendent le droit d’Israël à l’épuration ethnique en Palestine historique. C’est un immense crime contre l’humanité, que tous les coupables et leurs complices devront tôt ou tard payer.

Dans l’immédiat, alors que les médias du capital jouent un rôle de soutien quasi-militaire à la barbarie du gouvernement et de l’armée israélienne, qu’un Macron et d’autres veulent punir l’antisionisme en nous faisant croire que ce ne serait qu’une variante de l’antisémitisme, et que la répression s’abat sur celles et ceux qui veulent défendre les droits du peuple palestinien massacré, il en est pour qui cette boucherie est l’occasion de faire de juteux profits. Tous les marchands d’armes occidentaux, qu’ils soient états-uniens, britanniques, allemands, italiens, français, se frottent les mains. C’est une honte.

C’est pourquoi, en France et ailleurs, nous devons répondre positivement à l’appel des syndicats palestiniens et participer à la campagne « Stop Arming Israel ». Ce combat, de classe, doit prendre de l’ampleur. Un nombre toujours plus grand de structures syndicales doit y être associé. Par tous les moyens, il faut empêcher l’Etat sioniste de recevoir le matériel (armes, munitions, pièces détachées) et la coopération militaire qui lui servent à massacrer les Palestiniens : en bloquant des bateaux, en faisant le siège d’usines d’armement, en dénonçant les accords inter-universitaires avec Israël, mais aussi en nous adressant aux travailleurs/ses de ce secteur pour obtenir du soutien face aux patrons de Thalès, Safran, Dassault et d’autres encore, qui s’enrichissent encore avec cette boucherie.

Bloquer la barbarie sioniste en mobilisant la classe ouvrière internationale aux côtés du peuple palestinien, c’est aussi un choix de classe en faveur de la nation opprimée contre l’oppresseur.