Source : https://www.contretemps.eu/lenine-construire-le-parti/

Nous défendons un mode de fonctionnement que nous ne voyons mis en œuvre dans aucune organisation politique française. Ses principes sont simples : la plus grande liberté dans l’expression des idées lors des phases de débat ; mais aussi une mise en application commune, par la majorité et les minorités, des décisions prises lors des congrès. Les divergences doivent pouvoir s’exprimer totalement, mais cela ne doit pas paralyser l’action.

Ce double aspect est crucial : sans la plus grande liberté de débat, seul un segment de l’organisation peut mettre en œuvre sa politique, les autres ayant le choix entre obéir ou partir ; mais sans l’application par toute l’organisation des décisions prises majoritairement, le désordre s’installe et on ne peut jamais savoir si les choix faits étaient les bons.

C’est cela, le véritable centralisme démocratique. Il implique le droit de tendances et de fractions[1]

Un parti fortement intégré à une internationale 

Le respect du centralisme démocratique (« liberté de discussion, unité d’action ») doit aussi se retrouver dans la construction d’un parti mondial indispensable à une révolution socialiste qui, elle aussi, ne peut être que mondiale.

Cette nécessité est encore plus criante dans un monde touché par le chaos climatique. En cela, nous nous opposons à tous les courants qui se disent révolutionnaires, mais qui ne se soucient pas, ou pas vraiment, de la construction d’une véritable internationale révolutionnaire.

Nous nous opposons aussi à celles et ceux qui se satisfont d’organisations internationales qui ont, de fait, abandonné la perspective de renversement du capitalisme.

De plus, trop souvent, les organisations internationales existantes ne fonctionnent pas selon le centralisme démocratique et ne sont que des projections d’une « maison mère » nationale, souvent sous l’emprise d’un gourou, et qui dicte son orientation aux sections des autres pays. Les mesures à prendre pour éviter la domination de l’internationale par un parti plus nombreux sont de divers types. Cela inclut la limitation statutaire du nombre de représentant.es d’un pays dans les congrès et les instances élues de l’organisation internationale.


[1] Les tendances se font et se défont au rythme des congrès. Les fractions durent davantage, exprimant des divergences plus consistantes au sein de l’organisation. Mais les interdire revient à étouffer le débat et multiplie les risques d’erreur d’orientation.